Urara Meirochou – Divines amies

Des séries de cet hiver, laquelle avez-vous préféré ? Si je me base sur MyAnimeList, c’est la saison 2 de Konosuba qui aura suscité le plus l’intérêt. À raison, puisque la série fut aussi hilarante que l’an passé. On va ignorer Masamune-kun’s Revenge que je n’ai toujours pas fini, déjà parce que j’ai lu le manga et surtout parce qu’il est réalisé par le Silver Link baveux. Celui qui te fait des visages brouillons avec un trait gras. Bref pas celui qu’on a pu aimer sur Tanaka-kun wa Itsumo Kedaruge. Evidemment on a aussi Miss Kobayashi’s Dragon Maid, l’excellente comédie de KyoAni qui, encore une fois, a parfaitement su se réapproprier une oeuvre. Après il y a également Little Witch Academia, dont le final ne va plus tarder, qui est du bon gros Trigger comme on l’aime. Enfin, n’oublions pas la saison 2 de Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu (que je n’ai pas encore vu, honte à moi), ainsi que Freaky Girls, Gabriel DropOut, Acca:13 et Minakama (le tranche de vie cycliste avec de jolies filles que personne n’a vu).
Tout un tas de séries super cools, avec quelques coups de coeur perso qui resteront un moment. Et pourtant mon vrai gros coup de coeur de l’hiver n’est pas dans ceux que j’ai listé. Et pour cause, il est passé complètement sous le radar pour certaines raisons.

Cet anime, c’est Urara Meirochou, une des quatre (!) séries réalisées la saison dernière par le studio J.C. Staff. Elle est adaptée d’un 4-koma publié dans le Manga Time Kirara Miracle, où il est publié depuis avril 2014 aux cotés de Sakura Trick et de feu Koufuku Graffiti. Il est dessiné par Harikamo, une auteure qui a déjà publié une série dans le même magazine avec Yorumori no Kuni no Sorani. Elle a également sorti un artbook, Girls on the Tree, que vous pouvez m’offrir si vous ne savez que faire de votre argent (ne le faites pas). Le manga compte actuellement 4 volumes au Japon, et comme tous les 4-koma moe, les chances de le voir en France sont assez proches du zéro absolu. Joie.
L’histoire prend place dans la ville imaginaire de Meirochou, vraisemblablement située au Japon. Elle est peuplée par une multitude d’«urara», des femmes aux pouvoirs mystiques pouvant faire de la voyance. Cette cité est régie par plusieurs lois spécifiques, comme l’accès interdit aux hommes (sauf le jour) ainsi qu’une division en « districts », et leur accès dépend du rang d’urara. Ainsi pour rentrer dans le septième district, il faudra être de rang 7, etc (les niveaux vont de 10 jusqu’au premier, le rang 1).

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Une dream team. Notez les différentes réactions de chaque personnage. Et surtout Kon, toujours heureuse d’étudier.

C’est dans ces conditions que vont évoluer les quatre apprentis urara Chiya, Kon (la meilleure), Koume et Nono. Sous les ordres de Nina, une urara de rang 5 et grande soeur de Nono, elles vont apprendre diverses techniques de divination, tout en vivant ensemble. Une troupe atypique composée respectivement d’une enfant de la forêt,  d’une fille studieuse un peu trop sérieuse, d’une demoiselle coquette et maligne et d’une fille beaucoup trop timide.

Voilà ce qu’il en est pour l’histoire, et je reviendrai plus tard sur l’écriture de la série. Mais parlons d’abord du visuel, Urara Meirochou possédant plus d’une qualité sur ce point.
Déjà, elle a la chance d’être réalisée par J.C. Staff, le studio d’une pléthore de séries comme Amanchu, Toradora, les To Aru ou encore Sakurasou no Pet na Kanojo. Pas toutes des chefs d’oeuvres donc, mais dont la qualité visuelle fait rarement défaut. De fait, Urara Meirochou profite d’un excellent staff pour la plupart expérimenté. Dans cette équipe, on remarquera principalement la présence de Mai OTSUKA, character designer talentueuse ayant notamment travaillé sur Konobi et Non Non Biyori. C’est à elle que revient donc le mérite du joli design des personnages, mignon et expressif. Elle est également animation chief director sur la moitié de l’anime, en duo avec Motohiro TANIGUCHI. Pour ce dernier, on remarquera surtout sa présence comme chef de l’animation sur Sansha Sanyou de Doga Kobo. Mais aussi sur Yuru Yuri, dont il fut animateur puis chara designer et chef de l’animation sur les dernières saisons. Un bon staff en somme, expérimenté et connaisseur de ce genre de séries où le moe prime.

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Élément sympathique avec l’anime : ces eyecatch mignons et rigolos, qui font d’excellentes transitions au cours des épisodes.

Dans les faits, cela fait qu’Urara Meirochou est une série très jolie. Sa principale qualité se trouve sur le design de ses personnages. Je l’ai déjà dit, il est mignon et expressif. Ce qui est primordial pour une série de ce genre puisque le caractère « moe » doit fortement ressortir. Ce qui est amplement réussi dans ici puisqu’en plus d’être mignons, les expressions et l’animation des personnages le sont tout autant. Le tout avec une certaine simplicité par moments, s’approchant d’un design presque chibi (mais pas complètement à mon gout, hormis dans l’ending). Un point que j’apprécie beaucoup personnellement (et ce même s’il n’est pas réellement visible) sur les expressions est qu’elles sont travaillées pour chaque personnage apparaissant sur un plan. En gros, au lieu de travailler uniquement le ou les personnages qui sont le centre d’attention sur un plan donné, chacun sera dessiné avec soin. Cela permet surtout de faire réagir plusieurs personnages à une scène, et ce même différemment. Ce n’est pas non plus toujours le cas dans Urara Meirochou, mais je tenais à le relever (car c’est le genre de détails que j’aime bien justement). Et puis, cela a sa petite importance dans une série où le fait qu’un groupe partage ensemble de mêmes événements est central.

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Une des jolies séquences de divination de la série, ici à l’épisode 8.

Terminons avec le visuel en parlant du style général de la série. Même si elle reste dans un cadre relativement clos, se limitant à la ville de Meirochou et quelques escapades en forêt, la série possède nombre de décors de qualité. Mais surtout, c’est l’ambiance générale qui en dégage qui en fait leur force, aidé par une jolie bande originale. Il faut dire que Meirochou est une ville plutôt atypique, puisque largement influencée par les multiples cultures dont elle tire ses arts divinatoires. La tendance générale rappelle ainsi la Chine, avec quelques touches occidentales (notamment apportées par Koume). Résulte ainsi une esthétique singulière, colorée et extravagante. Sans oublier la représentation des divinités ou des techniques de divination, comme la séquence aquatique de l’épisode 8, qui rendent merveilleusement bien l’aspect mystique de la série.

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Urara Meirochou en couverture du Manga Time Kirara Miracle, avec une superbe illustration de Kon.

Faisons maintenant une petite parenthèse concernant l’anime et parlons de Urara Meirochou plus généralement.
Comme je l’ai dit en présentant la série, c’est à la base un manga 4-koma écrit et dessiné par l’artiste Harikamo. Cette dernière possède un style singulier à l’ambiance enchanteresse. En témoigne la couverture de son artbook Girls on the Tree où l’on peut voir Chiya sur un arbre fantaisiste. L’un de ses points forts étant sa colorisation, généralement basée sur de l’aquarelle, comme on peut le voir sur ce tweet. Sur son compte Twitter, elle poste justement régulièrement des illustrations, notamment pour la publication du manga chaque mois (ici pour le chapitre 40). Elle a également un compte Pixiv sur lequel vous retrouverez d’anciennes illustrations, dans un style plus personnel et d’autant plus fantaisiste. Avant Urara Meirochou, elle avait illustré le light novel Flag Breaker, mais a surtout tenu une première série dans le Manga Time Kirara Miracle avec Yorumori no Kuni no Sorani. Un manga à l’allure plus fantaisiste encore que Urara. Bref, une artiste talentueuse dotée d’un style très fort et dont l’artbook, que j’ai eu l’occasion de feuilleter, rend honneur à la beauté de ses illustrations. Vous pouvez en retrouver une partie sur des sites comme Danbooru ou Zerochan.

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Illustration de Nina, la professeur des héroïnes.

Parlons un peu musique à présent avec les opening et ending de la série. L’opening, nommé Yumeji Labyrinth et chanté par Labyrinth (un groupe composé des seiyuus du quatuor principal), est une chanson aux sonorités mignonne et au thème entrainant. Visuellement joli, à l’image de la série, il propose quelques passages rigolos ou mignons, mais surtout en accord avec les thèmes de la série (la divination, la recherche de soi…). Le truc cool, c’est que la version single contient une version unique à chaque personnage. Et on a genre la version de Kon qui est absolument adorable en chantant de façon beaucoup trop appliquée (même pour les brouhaha mignons). L’ending est lui chanté par Luce Twinkle Wink☆, un groupe de j-pop, et s’appelle « go to Romance>>>>> ». Musicalement plus léger que l’opening, il n’en reste pas moins entrainant et agréable à l’écoute. C’est surtout visuellement que je le trouve sympathique, avec la version chibi du quatuor principal qui évolue dans Meirochou et autres endroits à la recherche…de quelque chose (vraisemblablement l’amour selon la traduction des paroles).
Enfin, il y a les character song des personnages. Il en existe donc quatre, une pour chaque apprentie urara. Si j’aime beaucoup celle de Kon, qui est très douce, ma préférée semble être celle de Koume. Elle a un excellent thème, fort en caractère avec des instruments traditionnels asiatiques alliés à des trompettes et une chanson percutante. Et puis Yurika Kubo, la seiyuu de Koume, se débrouille vachement bien au chant. Après il y a la chanson de Chiya, particulièrement classique mais quand même sympa. Puis celle de Nono que j’écoute jamais parce que bordel sa voix est trop aiguë (au début).

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De loin une de mes illustrations préférées d’Harikamo, avec ici Koume et Marie.

Passons désormais à ce qui fait de Urara Meirochou une série aussi géniale, et qui me l’a fait autant adorer : son écriture. Un élément à mon sens capital pour les séries tranche de vie mais d’autant plus celles de moe. Pour moi, il ne suffit pas de faire des personnages mignons physiquement pour réussir ce genre de série. La série Hinako Note de ce printemps en est un bon exemple. Pan de Peace également, même si l’anime tient aussi de la catastrophe industriel. Bref, une bonne série « moe », de « CGDCT », ça passe forcement par une écriture un minimum travaillée selon moi (j’insiste que ce n’est que mon avis personnel sur la question). Essentiellement, c’est au niveau des personnages qu’il faut s’appliquer. Et là dessus, Urara Meirochou s’en tire remarquablement bien.
Tout d’abord, les personnages en eux-mêmes, et principalement nos quatre apprenties, sont intelligemment écrits. La série met en avant une personnalité plutôt qu’un cliché, et ça change tout. Autrement dit, ce n’est pas un cliché général qui caractérisera un personnage, mais tout un ensemble de caractéristiques variées. Prenons par exemple Koume, l’adorable fan de sorcières. Un de ses caractéristiques est la gourmandise, et ce n’est pourtant pas rappelé à tous les épisodes et ne résume pas le personnage. Car elle est aussi espiègle et taquine, mais également coquette. Ces différentes caractéristiques vont l’amener à réagir different à une situation donnée. Cela importe également pour les interactions avec les autres personnages, permettant de nombreuses combinaisons. Doter ainsi des personnages d’une personnalité n’est pas si simple, puisqu’il faut donc imaginer quelque chose de plus complexe qu’une seule caractéristique générale.

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L’attachement de Koume envers les sorcières connait une origine profondément sensible.

Plus encore que leur personnalité, Urara Meirochou sait developper ses personnages au travers divers événements. Celle qui en a le plus bénéficié est Kon, personnage absolument adorable (je dis pas ça car c’est ma préférée hein, pas du tout) qui est certainement celle ayant le plus évolué au cours de cette saison. Étudiante très sérieuse et appliquée, cherchant toujours à être la meilleure, elle découvrira à la fois la dureté d’être en compétition avec des personnes plus douées mais aussi le plaisir d’apprendre en groupe. L’épisode 8 viendra un peu clôturer tout ça d’une très belle et émouvante manière. De même pour Koume, principalement lors de sa partie de l’épisode 7, qui m’aura fortement marqué par son histoire surprenamment belle et forte en émotions. D’autant qu’à ce moment, cela ajoute une profondeur soudaine à l’apprentie urara, tout en expliquant quelques unes de ses caractéristiques (sa tenue vestimentaire, ou son attrait pour la France et l’occident…). Surtout que, hé, son histoire avec la sorcière Marie était sacrement belle. Simple, mais leur complicité fut très rapidement mise en place et sa finalité d’autant plus douloureuse. C’est une chose que Nono et Chiya ont également vécu, bien entendu. Même si ce fut principalement sur le tard pour cette dernière.

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Ce serait dommage de ne pas saluer rapidement le génial duo Ooshima/Shiozawa, les sidekick de Saku (derrière) qui sont hilarantes alors que leurs blagues pourraient être super lourdes.

Tous ces éléments, leur personnalité et ces moments d’émotion que l’on vit avec ces personnages, permet de construire une solide amitié pour ce quatuor. Elles qui ne se connaissaient aucunement au départ, vont devenir des amies très proches. Le spectateur va lui aussi peu à peu découvrir et connaitre ces apprenties urara. Au fil des évènements et de leurs épreuves, et donc des rires et des pleurs, il va s’attacher à ce petit groupe qui évolue ensemble.
C’est en tout cela que réside l’ingéniosité de Urara Meirochou pour son écriture. Les différents personnages créent une véritable alchimie entre eux, qui arrive à prendre uniquement grâce à leurs subtiles personnalités. Et puis c’est avec surprise qu’on les voit vivre des moments particulièrement chargés en émotions. Je pense bien encore aux épisodes 7 et 8 en disant ça, surtout que je ne m’attendais pas à de tels moments dans Urara

Urara Meirochou aura été de loin mon coup de coeur de cet hiver, et c’est en grande partie du à ses personnages. Et ce n’était pas gagné, puisque j’hésitais à drop la série jusqu’au troisième épisode. Mais j’ai fini par m’attacher à ces quatre apprentis qui n’ont rien en commun, mais qui vont tout de même devenir de solides amies. Le final de la série, avec l’examen, fut ainsi l’apothéose de cet attachement. Disons que l’envie d’hurler des encouragements à ces braves jeunes filles était assez forte chez moi.
Je partage ici un avis assez personnel sur la série, mais je pense que la plupart des gens l’ayant vu doivent avoir eu un ressentit similaire. On aime ces personnages, et c’est très sympathique de les voir évoluer au fil des épisodes. Une série mignonne et drôle, mais surtout attachante et aimante de ses personnages.

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