Point Otaku #22 – Space Pumpkin

La fête d’Halloween – qui signifie littéralement « le soir de tous les saints » (All Hallows Eve) – est à l’origine une fête celte au doux nom de Samain. C’était une période de sept jours (trois jours avant et après celui de Samain) durant laquelle les celtes célébraient à la fois l’année qui se terminait et celle qui allait commencer. Considérée comme hors du temps, la nuit du Samain était pour eux l’occasion de communiquer avec les démons et autres dieux où leurs deux mondes s’entremêlent (un peu comme dans Kyoukai no Kanata mais en mieux). C’est au VIIIème siècle, sous les papes Grégoire III et IV, que la fête sera intégrée par syncrétisme au Christianisme avec l’introduction de la Toussaint le 1er Novembre. La croyance voulait alors que les âmes des défunts reviennent en notre monde la veille. On leur laissait donc une buche dans le feu et de la nourriture afin qu’ils se posent bien. Et c’est dorénavant une fête marketing qui prend très mal en France, malheureusement pour nos chers commerçants !
Mais sur internet, on aime bien s’amuser. Et pour l’occasion, amusons-nous avec cette thématique fort joyeuse – ou presque – avec ce Point Otaku orienté Halloween. Frissons, sorcières et citrouilles seront au programme de cette 22ème édition !

Visuel – Soul Eater
L’une des plus grandes (voire la plus grande) qualités de Soul Eater réside en son dessin. Son trait, souvent léger, est particulièrement agréable à l’oeil. Les visages sont particulièrement lisibles, de même pour les décors. Cette qualité cache en réalité une toute autre utilité rudement efficace et répondant au thème principal de la série : la folie. Quand l’environnement ou un personnage devient totalement barge, le trait est soudainement plus dur, plus sec. Il devient plus dérangeant et contraste avec les lignes restaient à la normale. Autre contraste, justement, avec un jeu important entre le blanc et le noir. De nombreuses cases isolent ainsi leur contenu du monde en le faisant évoluer dans des pages obscures. Ou d’autres passages qui, au contraire, verront le noir envahir peu à peu l’espace immaculé de ses pages. L’oeuvre possède sa propre identité graphique, ce qui lui permet ainsi de mettre grandement en avant les différentes thématiques qu’elle aborde. Folie, peur, ces ambiances dérangeantes se matérialisent dans le manga par autant de noirceur et de traits saccadés.
Dans un aspect plus global, Soul Eater est également un shonen de qualité. Les combats sont dynamiques, parfois peu inventifs mais toujours efficaces. Le character design est réussi, insufflant un charisme particulier à chaque personnage. De cette manière, et malgré une histoire très intéressante mais pas toujours au top, le manga sait être une œuvre très appréciable, brillant par sa qualité visuelle. Un régal indiscutable pour les yeux.

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Musique – Yoko Kanno x Cowboy Bebop
Si Cowboy Bebop a connu un énorme succès, c’est en grande partie grâce au génie de son réalisateur Shinichiro Watanabe. Mais il ne faut pas oublier l’importance d’autres personnes, en l’occurence ici Yoko Kanno qui était en charge de la bande originale.
Impressionnante dès le plus jeune âge, elle fera ses armes au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Au départ orientée musique classique, elle partira plus tard vers le jazz et le blues qui deviendront ses genres de prédilection. Entre autre, elle collaborera de nombreuses fois sur des projets avec Watanabe. Et la bande originale de Cowboy Bebop en est l’un des plus beaux résultats.
Imprégnée d’un sublime style jazz/blues, elle magnifie la série de toute part. Vivacité ou mélancolie, les thèmes proposés par Yoko Kanno sont impressionnants de variété. Surtout, ils vont idéalement de paire avec l’esthétique de la série qui emprunte grandement aux univers visuels du jazz et du blues et correspondant à leurs thématiques.
Cowboy Bebop repose énormément sur son visuel particulièrement complexe, reposant sur de nombreuses esthétiques autant variées qu’opposées. La musique devient donc un lien indispensable entre tous ces aspects. La science-fiction, le western et autre films noirs sont miraculeusement liés par les sonorités blues – jazz de la B.O. devenant alors un élément-clé. L’univers esthétique de Cowboy Bebop trouve sa cohérence au travers de sa musique, le rendant crédible et surtout magnifique.
Ah et si il est dans cet article spécial Halloween c’est parce qu’un épisode est inspiré d’Alien. Donc ça fait peur. Donc Halloween. Voilà.1

Personnage – Urara Shiraishi (Yamada-kun and the Seven Witches)
Depuis que je vous ai parlé de Yamada-kun and the Seven Witches en décembre 2014, beaucoup de choses ont changé pour ce fabuleux manga. Adapté en anime puis édité en France chez Delcourt, le manga est désormais bien plus populaire qu’à l’époque. Est-ce mérité ? Oui, de loin.
Rappelons avant tous les bases. Le dessin est de qualité, les personnages très sympathiques et l’histoire interessante (même si un peu bordélique passé les 100 premiers chapitres). Il y a cependant un autre élément à signaler concernant la réussite de Yamada-kun and the Seven Witches : Urara Shiraishi.
Répondant aux caractéristiques d’une dandere (silencieuse, calme…), elle se révèlera peu à peu comme un personnage réellement appréciable. Sa relation avec Yamada la rend terriblement attachante et malgré une mise à l’écart assez rapide dans l’histoire, elle conserve une visibilité importante. Un autre point fort du personnage est la manière dont le fan-service l’utilise. Et de cette manière, elle n’apparait presque jamais directement dans une scène affriolante. À chaque fois, cela est soit un fantasme de Yamada, soit ce dernier possédant le corps de Shiraishi. Dans presque chaque cas, ce n’est donc pas directement elle qui est dénudée. Ce que ça change ? Tout ou presque. Contrairement à Fairy Tail où des personnages peuvent perdre en charisme à cause de ces pratiques peu appréciables, le fait que ce ne soit jamais directement Shiraishi l’immunise complètement de cet ennui. C’est toujours parce que Yamada fait n’importe quoi que ces scènes se produisent. Shiraishi reste ainsi le personnage calme et sérieux qu’elle est censée être. Et aussi la plus adorable de toutes les sorcières de la série.
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Manga – Dusk Maiden of Amnesia
Également mentionné dans le Point Otaku #14, reparlons donc de cette formidable oeuvre qu’est Dusk Maiden of Amenesia. Mais avec cette fois le matériau de base.
Le manga est différent de l’anime dans le sens où l’histoire est traitée avec quelques différences. Surtout, le visuel des deux n’ont rien à voir. Le manga fait la part belle aux ombres, à la noirceur des décors et à un trait d’une fabuleuse précision. Les nombreux détails qui jonchent chaque page sont donc un véritable régal pour les yeux. La sensualité de Yuko est particulièrement bien représentée, par exemple avec ses cheveux flottant sans cesse dans les airs. L’ambiance qui se dégage de l’oeuvre réussit malgré tout à inquiéter le lecteur. Ce qui est idéal pour ce manga où les histoires de fantômes sont nombreuses. Et c’est là que le scénario sait être également intelligent. Les histoires de fantôme font logiquement parties intégrantes du récit mais pas a but horrifique. On est bien plus intéressé par l’effet que ce genre d’histoire peut avoir sur les gens et quels réels mystères peuvent se cacher derrière. Dusk Maiden of Amnesia n’est pas un manga à lire pour se faire peur (malgré quelques passages légèrement oppressants) mais pour découvrir de nombreuses histoires entre divers personnages. Avec en point d’orgue la relation entre Yuko et Niiya.
Un excellent manga, à lire de nuit et idéal pour se régaler avec les yeux !
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Anime – Sayonara Zetsubou Sensei
Halloween c’est la fête des morts. Mais aussi des farces. Et un anime fusionne les deux : Sayonara Zetsubou Sensei. Pour dire, la série se permet tout. Mais réellement tout. Elle moque, parodie et ira même jusqu’à rire son propre processus de réalisation/production. C’est simple, cette série explore toutes les thématiques et de toutes les manières. L’ennui n’est ici pas permis face à un anime qui ne vous laissera jamais tranquille tant il créera du n’importe quoi devant vous. Le mieux ? Ce n’importe quoi est totalement logique. Se basant sur de multiples personnages tous plus ou moins stéréotypés (consciemment), Sayonara Zetsubou Sensei peut ainsi aisément partir dans des délires sans perdre le spectateur. Enfin presque. Si la saison 1 peut paraitre redondante en passant presque tout son temps à présenter (d’excellente manière) les différents et principaux élèves de la série, c’est pour mieux les exploiter par la suite. En connaissant les manies de chacun, le spectateur peut donc comprendre les nombreux sketchs que proposera la série par la suite. Mieux encore, les personnages transpirent malgré tout de charisme, notamment le professeur Désespoir. Et la série est riche en idées, proposant de nombreux épisodes avec une direction radicalement différent de son cadre habituel. Qui est déjà bien différent des standards. Mettre en scène un vieux polar, remplacé les dialogues d’un épisode par du charabia, exagérer au possible une manie de la société ou simplement jouer sur des expressions, Sayonara Zetsubou Sensei sait tout faire. À ce jeu-là, il est énormément semblable au récent – et excellent – Space Dandy qui mène lui aussi de front des délires rocambolesques. Ces deux séries donnent lieu à un torrent de créativité et d’originalité incroyable.
Et surtout, Sayonara Zetsubou Sensei est l’objet d’un auteur qui s’éclate à faire son oeuvre. Mais c’est aussi le résultat d’un studio (à savoir Shaft) qui s’éclate, autant dans l’écriture2 que dans la réalisation. On sent une implication créative dans la série, rendant le tout visuellement unique et exceptionnel. Sayonara Zetsubou Sensei c’est plus qu’un anime fun à voir, c’est un anime fun, intelligent et réalisé avec brio et – surtout – beaucoup de passion.
Konachan.com - 925 fuura_kafuka hito_nami itoshiki_nozomu itoshiki_rin kaga_ai kimura_kaere kitsu_chiri kobushi_abiru komori_kiri maria otonashi_meru

Retrouvez ces séries :
– Chez Kurokawa pour Soul Eater
– Chez Dybex pour Cowboy Bebop
– Chez Delcourt pour Yamada-kun and the Seven Witches
– Chez Kana pour Dusk Maiden of Amnesia


  1. De toute manière, toutes les raisons sont bonnes pour parler de Cowboy Bebop 
  2. Certains épisodes sont exclusifs au manga 
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