Point Otaku #21 – Incroyable quotidien

Fin septembre sortait un premier dossier sur le blog. Portant sur les tranches de vie, j’ai tenté de définir de la meilleure manière ce genre fort connu. Enfin, il fut question des caractéristiques en terme de réalisation et d’écriture du genre. Loin d’être ennuyeux ou de posséder une réalisation au rabais, le tranche de vie est un genre tout à fait respectable. Il bénéficie souvent d’un important travail au niveau de l’ambiance et de sa narration.

Cependant, j’ai déjà parlé de tout cela dans le dossier cité plus haut. Ainsi, nous allons cette fois simplement parler des tranches de vie dans leur plus simple appareil : eux-mêmes. Que ce soit pour une animation exceptionnelle ou une écriture de grande volée, chaque série aura quelque chose de sublime !

Visuel – Hibike Euphomium !
Certes, la série ne comptait que 13 épisodes et un tranche de vie nécessite rarement une animation particulièrement composée. Et pourtant, le fait est là : Hibike Euphomium ! était une claque visuelle. Sans aucun doute le plus beau anime de printemps 2015, la série a repoussé les limites de Kyoto Animation. Les décors étaient d’une beauté sans pareils et l’animation d’une fluidité remarquable.
Le studio nous avait déjà habitué à de magnifiques choses peu importe l’époque (K-ON! en 2010 ou Kyoukai no Kanata en 2013) mais c’est un tout autre niveau qu’il nous propose ici. Les décors sont toujours agréablement détaillés même en intérieur. Pour les scènes extérieures (qui sont assez nombreuses mine de rien), KyoAni s’est beaucoup amusé avec les lumières, donnant lieu à des rendus tout simplement magnifiques. L’agencement des décors extérieurs étaient eux particulièrement détaillés, coupant le souffle pour des scènes souvent banales. À cela on peut rajouter les instruments, parfaitement animés, et certaines scènes dont la beauté est actuellement légendaire.
Ce qu’il sublime : l’ambiance. Celle d’Hibike Euphomium ! était irréprochable. La luminosité de chaque scène était parfaitement adaptée au lieu, les décors mettaient à la ramasse ceux de Non Non Biyori1 et le Kyoto Animation n’est pas le genre de studio à avoir peur d’animer une fanfare complète de 50 élèves. Encore des doutes ? Alors ce gif de 35Mo (attention) devrait vous convaincre.

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Soundtrack – Toki wo Kizamu Uta/Dango Daikazoku (Clannad)
J’aurais pu mettre Anohana dans cette catégorie pour ses magnifiques thèmes mais ce serait se répéter.
Parlons alors d’une série dans laquelle sa soundtrack eut un rôle important dans sa réussite : Clannad (y compris la seconde saison After Story). Ses opening, classiques dans leur visuel (on voit simplement les différents personnages avec leur nom), sont malgré tout d’excellente qualité. Le second (Toki wo Kizamu Uta), particulièrement, est splendide. Bien plus fort que celui de la première saison, il illustre à merveille l’intérêt de la seconde saison. La série – et ses personnages – a grandi et a muri. Elle perd peu à peu son coté enfantin pour laisser place à des enjeux beaucoup plus matures. Et visuellement, il n’y a rien à redire : c’est magnifique.
Quant à Dango Daikazoku, le célèbre ending de la série, est emblématique? Faisant évidemment référence à Nagisa, personnage principal fan des ces petites choses, il se marie à merveille avec l’ambiance que possède jusque là la série. Enfantin et porté sur la famille, des valeurs profondément importantes dans Clannad en font un ending de qualité, parfaitement accordé à sa série.
Ce qu’il sublime : ce n’est pas seulement par ses opening ou ending que Clannad était une formidable série. Elle possédait également une soundtrack de qualité avec des thèmes aussi variés que l’histoire l’exigeait. Le parfait exemple entre humour et drame pour une série jouait grandement sur ces deux tons. Après l’échec de Charlotte, il est bon de se rappeler comment Jun Maeda savait parfaitement écrire des drames simples et avec une justesse incroyable.


Personnage – Rumi Yokoi (Tonari no Seki-kun)
Tonari no Seki-kun est une série qui marche très bien grâce au grand n’importe quoi produit par son silencieux mais terriblement malin/fou Toshinari Seki. Cependant, ce qui est encore plus savoureux est de voir tout cela vu par sa camarade de classe, Rumi Yokoi. Sérieuse, elle est donc plus choquée par les bricoles de son camarade en cours.
Plus qu’une bête opposition sérieux/absurde, la série joue intelligemment avec ses deux personnages. Rumi se retrouve toujours à être passionnée par les merveilles que fait son voisin. Face à l’imagination de celui-ci, elle s’étonne, s’offusque, voire intervient dans les âneries de son camarade. Chaque épisode (ou chapitre pour le manga) garde une structure bien définie. Le spectateur n’est ainsi jamais perdu, il est au contraire confortablement installé dans un fauteuil d’habitué. Seul le cadre peut changer, sortant de la salle de classe pour aller à la piscine ou en labo de chimie. Enfin, les réactions du Rumi (génialement doublée par Kana Hanazawa) sont excellentes et participent à l’hilarité de la série. Un concept infini qui sait se renouveler et qui ne semble pas prêt de lâcher !
Ce qu’il sublime : Que le tranche de vie est propice à l’humour. Ou plutôt à un type d’humour bien précis. Car si on rigole bien devant un Space Dandy ou No Game No Life, ce ne sont pas tellement des séries propices à la pure détente. K-ON!, Non Non Biyori ou comme ici avec Tonari no Seki-kun, la comédie s’intègre idéalement au cadre d’un tranche de vie. Ou plutôt l’inverse, le tranche de vie est idéal pour faire rire. En utilisant le quotidien (à savoir celui de jeunes adolescents de 12-18 ans), ces séries peuvent jouer sur des codes connus de tous. Inutile d’avoir un quelconque pré-requis pour rire de Tonari no Seki-kun là où Space Dandy peut laisser sceptique plus d’un. Même si Space Dandy c’est très bien.
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Manga – Silver Spoon
Faut-il réellement présenter Silver Spoon ? Le manga agricole d’Hiromu Arakawa est devenu un incontournable du tranche de vie moderne2. Véritable bouleversement par rapport aux antécédents de l’auteure, le doute fut de courte durée tant le manga brilla rapidement. Avec un dessin alliant toujours aussi effacement simplicité et détail, chaque page est extrêmement agréable à lire. Les personnages sont variés et – on ne le dira jamais assez – on sent vraiment qu’Arakawa a un véritable don pour les humaniser. Et au travers de ces personnages, elle arrive à toucher avec précision de nombreux maux du milieu agricole nippon mais surtout de la jeunesse japonaise. L’angoisse des études, l’inquiétude de l’avenir qui se trace ou non devant nous sont avec d’autres des propos qu’aborde avec subtilité l’oeuvre. Et le tout en gardant une bonnes dose d’humour et en restant sobre autant dans le fond que dans la forme.
Ce qu’il sublime : le genre tranche de vie en lui-même. Dans le même domaine on peut également citer l’excellent A Silent Voice qui fut déjà évoqué plus tôt. Ici, on a un manga qui utilise strictement le quotidien comme intrigue. Et rien d’autre. L’histoire de Yugo et de toute la panoplie de personnages dont est dotée l’oeuvre peut être la notre. C’est simplement au travers de leur quotidien que l’auteure fait ressortir des points importants de l’adolescence. Et c’est avec ce type d’écriture que le genre devient réellement génial, offrant des histoires à la fois simples et pourtant d’une pertinence incroyable.
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Anime – La Disparition d’Haruhi Suzumiya
Aliens, espers et autres voyageurs temporels ne seront pas au rendez-vous de ce magnifique film. Complément – ou plutôt final – de la série La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya, le film racontait comment Kyon vivait la disparition d’Haruhi Suzumiya. Déjà applaudi pour son incroyable visuel et doté d’une magnifique soundtrack, c’est avec son histoire que l’on approche grandement du chef d’oeuvre.
Sachant mener avec justesse une romance entre Kyon et Nagato (contrairement à son triste spin-off), un tout autre aspect de l’histoire est donc abordé. On y retrouve d’ailleurs tous les personnages de la série mais différemment. Rien n’est donc pareil à la série d’origine. Et pourtant, c’est bel et bien ce film qui va le mieux s’accorder avec la Mélancolie. En soi, c’est même le personnage de Kyon qui sera le plus mis en avant. À la disparition d’Haruhi Suzumiya répond l’apparition de Kyon, qui sera grandement développé et de manière terriblement interessante. Si le film est aussi génial, c’est essentiellement pour cette raison. Il propose là une relecture complète de son histoire et de ses personnages, apportant une vision tout à fait nouvelle sur une série qui ne cessera jamais d’étonner.
Ce qu’il sublime : la nature même du genre tranche de vie. En faisant disparaitre Haruhi, Kyon se rendit alors compte à quel point il tenait à ce nouveau quotidien qu’il avait obtenu à ses cotés. Ce quotidien qu’il trouvait auparavant barbant était devenu en réalité incroyablement amusant. Et c’est d’autant plus sublime que ce soit la disparition d’Haruhi et non pas de ses compagnons surnaturels qui le frappe le plus. À la manière du tranche de vie qui sublime le quotidien, Haruhi illuminait celui de Kyon. C’est là que le film pouvait être surprenant, sa quête consistant uniquement à retrouver un quotidien irrégulier, faits de problèmes et avec une Haruhi totalement instable. Il n’est pas forcement nécessaire d’avoir des êtres surnaturels pour mener une vie trépidante.
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Retrouvez ces séries :
-Sur ADN pour La Disparition d’Haruhi Suzumiya
-Sur Crunchyroll pour Tonari no Seki-kun et Hibike Euphomium !
-Chez Kurokowa pour Silver Spoon


  1. Et pourtant qu’ils sont beaux les décors de Non Non Biyori
  2. Autrement dit dans les tranches de vie sortis ces dernières années. Mais ça sonne tellement bien. 
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2 réflexions sur “Point Otaku #21 – Incroyable quotidien

  1. C’était un classement bizarre pour des tranches de vie : Visuel, Personnage, Manga, Anime, Soundtrack.
    N’empêche c’était sympa à lire. Il manque tout de même Hyouka, ses personnages denses et sa manière originale d’aborder le genre policier (voyons e_e), enfin si tu l’avais vraiment ajouté ç’aurait été un article « Kyoani et le reste ».
    Silver Spoon est géniale, l’humour d’Hiromu Arakawa y est à son fort et les personnages sont passionnants à suivre. J’hésite de plus en plus à entamer le manga car la possibilité d’une saison 3 s’éclipse avec le temps :(. La seule chose qui me rebute c’est la couverture super laide de la version française…

    Aimé par 1 personne

    • Merci et si le classement te semble bizarre, c’est juste le format classique d’un Point Otaku :3
      Entame sans hésiter Silver Spoon, l’histoire devient réellement interessante depuis quelques tomes (et donc après la saison 2) et tu profiteras également du superbe dessin d’Arakawa ! Et je trouve personnellement les couvertures Fr (qui sont exactement comme les nippones d’ailleurs) très jolies !

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