Critique – Nagato Yuki-chan no Shoushitsu : La Disparition du Respect

Nagato Yuki-chan no Shoushitsu – La Disparition du Respect

Qu’il est simple de dire qu’un anime est mauvais. Mais il est bien plus intéressant – et important – de savoir dire pourquoi cet anime s’est soldé en un si gros échec. D’aller plus loin qu’un bête « j’ai pas aimé » pour aller pointer ce qui a réellement échoué. Et potentiellement sauver quelques détails.
C’est le cas ici de Nagato Yuki-chan no Shoushitsu. Un anime qui mérite largement sa note symbolique de 0.1 sur mon Anime List. Car si je le place derrière d’autres ratés comme Tokyo Ghoul √A ou Mars of Destruction, c’est bien parce que la série fut un échec cuisant. Tellement grandiose qu’il semble presque irréaliste.
Commet un anime a-t-il pu se rater à ce point ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

  • Si vous êtes fan de la série des Haruhi Suzumiya, passez votre chemin.
  • Au mieux, Nagato Yuki-chan no Shoushitsu sera une comédie romantique toute bête et clichée.
  • La série ne termine même pas sa trame principale (peut être se terminera-t-elle dans l’oav à venir pour…Octobre).
  • L’animation, quoique un peu trop claire dans le choix de ses couleurs, reste malgré tout correct.
  • Cet anime vous fera acheter une PS Vita.

Débutons par ce que l’anime a sans doute de plus réussi (ah la relativité) : son animation. Pas spécialement moche, elle est pourtant loin d’être incroyable visuellement. Les traits sont basiques et respectent globalement ceux du manga d’origine, notamment au niveau des expressions. L’ensemble est donc assez correct, malgré quelques épisodes où l’usage de plans fixes devenait une norme. Par ailleurs, notons que les expressions des personnages savent être majoritairement amusantes (à défaut d’être ridicules). Enfin, une petite déception avec les décors, assez basiques malgré quelques idées dans leur élaboration.
Nous aurons également la gentillesse de ne pas blâmer la série d’avoir une animation en deçà du niveau affiché par Kyoto Animation1. Les moyens, que ce soit en 2006-2009, sont d’un tout autre niveau auquel ne peut prétendre Satelight. Du coup, c’est assez compliqué de reprocher à l’anime d’avoir donné des traits plus rondouillards aux personnages. Certes, ils restent proches du manga mais le résultat n’en est pas moins perturbant. Et évidemment, déformé les traits d’une série aussi populaire n’aide pas à l’apprécier. Mais si ce n’était que ça, cette critique n’existerait pas.

Nagato Yuki-chan no Shoushitsu est un échec bien plus grave que ça. C’est un anime qui s’est raté sur la quasi totalité de ses caractéristiques. Avec en tête ses personnages et son histoire.
En réalité, les personnages ont en majorité comme soucis d’être basiques et clichés. Dans le meilleur des cas. L’exemple le plus flagrant est Kyon, passant de lycéen lambda à personnage principal tout gentil de comédie romantique. Tout simplement. Juste ce simple cliché. De ce fait, le personnage est juste ennuyeux à en mourir. On se fiche très honnêtement de sa vie, de lui et de ce qu’il fait. De toute manière il finira avec Nagato, afin de bien respecter son cliché. Kyon est donc, assez ironiquement vu qu’il est tout de même le second personnage principal, d’une importance assez anecdotique dans l’histoire tant il ne fera que subir les règles narratives de la banalité. Nagato n’a pas eu autant de chance, son personnage s’écrasant totalement dans le moule d’un stéréotype de fille timide à lunette et qui aime BEAUCOUP manger. Son personnage se résume assez simplement : elle aime manger (de la nourriture et Kyon) et ~~lire de livres~~ jouer à sa PS Vita2. Tout bêtement. Et si le cliché de la fille goinfre peut être par moments amusant, il est tellement tiré dans tous les sens ici que ça en devient écoeurant. Il y a même des épisodes où il y a trois moments avec Nagato mangeant avec joie (et une scène par épisode bien évidemment). Notez que ce cliché est en grande partie responsable de l’échec d’un des pires épisodes de la série, c’est-à-dire le tout premier. La timidité de Nagato n’est quant à elle qu’un prétexte au début de la série pour quelques gags et surtout afin de « respecter » le personnage original. Rapidement, cet aspect du personnage disparaitra et ça aurait pu être une très bonne chose (cela signifierait que Nagato évolue) mais en réalité, c’est tout simplement parce que – à l’instar de Kyon – elle va suivre la banalité du scénario. La faute à qui ? Pour trouver un coupable, il faut se tourner vers l’un des personnages extrêmement populaire de la japanimation : Haruhi Suzumiya. La célèbre demoiselle est ici l’initiatrice de nombreux maux, tels que facilités d’écriture et intrigue inutile ou sous-exploitée. Effectivement, c’est à cause d’elle que le petit groupe va pratiquer moult activités et visiter moult lieux afin de ~~remplir le vide des dix premiers épisodes~~ faire évoluer la relation entre Nagato et Kyon. Pourquoi ils vont aux sources chaudes ? Parce que Haruhi voulait y aller ! Avec un tel raisonnement ils pouvaient aller n’importe où… Également, son comportement de gamine gâtée devient rapidement insupportable. Si Haruhi veut quelque chose, elle n’arrêtera pas de se plaindre tant qu’on n’aura pas accepté ses caprices. Certes, le comportement est hérité du personnage original sauf que dans le contexte de l’anime ça ne passe tout simplement pas. Haruhi n’est ici qu’une lycéenne au comportement de gamin à qui il manque quelques baffes. Avec tout cela, la pauvre se colle de mauvaises intrigues. Normalement, et vu la réalisation de certaines scènes, la jeune fille devait être la réelle opposante à Nagato pour conquérir le coeur de Kyon (notamment avec l’épisode des chocolats de Saint Valentin). Malheureusement, cette sous-intrigue sera extrêmement peu exploitée tant elle est peu évoquée au travers de la série. Au point même que j’ai fini par penser que c’était une erreur d’interprétation de ma part. Sauf qu’à la fin de l’anime, quand Nagato part pour se confesser, un plan montre Haruhi avec une mine sombre, semblant donc cacher sa tristesse de ne pouvoir conquérir Kyon. Rappelant donc que la série a totalement délaissé cette romance. Et impossible d’avoir de la compassion pour elle que l’on n’a jamais vu – ne serait-ce qu’un peu – tenter de séduire Kyon. Et c’est bien dommage car cette opposition aurait sans doute été très interessante. Mais il semblerait qu’il n’y ait pas assez de place pour les bonnes idées ici. Pour compléter ce trio principal vient Ryōko Asakura, que l’on surnommera affectueusement « Okaasama ». Et il faut savoir que son personnage est peut-être le plus réussi de la série tant elle brille par…le faible nombre de défauts. Plus sérieusement, Okaasama brille par son sérieux et son implication envers Nagato pour l’aider à sortir avec Kyon et aussi pour vivre. C’est de là que vient son surnom, car Asakura est une véritable maman avec Nagato. C’est elle qui lui prépare à manger, c’est elle qui lui fait sa lessive et c’est elle qui s’assure si « Nagata-sama » (notez que cette appellation envers une lycéenne est assez ridicule) fait tout bien dans sa vie. Au moins, elle a une utilité réellement pratique au sein de la série. À défaut d’avoir un développement de personnage correct (on s’y fait à force). S’il est clair qu’Okaasama veut aider Nagato dans sa quête, il est alors plus perturbant de la voir choquée en imaginant sa protégée en couple avec leur cible. Un comportement aussi illogique que rapidement balayé tant l’anime préfère nous montrer Nagato qui mange. C’est hilarant Nagato qui mange non ? Pour en venir sur les autres personnages, il est naturel de penser qu’à la vue de l’incroyable écriture des protagonistes principaux, les secondaires doivent être d’une incroyable nullité. Et vous avez tout à fait raison. Mikuru n’est là que pour ses seins et faire quelques blagues du style « je suis trop timide pour ça ohlala ». Signalons que les premiers épisodes semblait sous-entendre qu’elle éprouvait aussi des sentiments envers Kyon. Chose dont on n’aura juste plus rien à faire vu que c’est totalement délaissé au bout de trois épisodes. L’amie de Mikuru, Tsuruya, est encore plus vide et se résume à être une fille dynamique et qui tripote la poitrine de sa copine (cf. générique). Itsuki Koizumi – l’un de mes personnages préféré de la série originale – est juste un étudiant transféré sans ami qu’Haruhi trimballe tout le temps (ou c’est lui qui la colle au choix). Son utilité se résumera encore une fois à de l’humour, notamment avec quelques scènes de sous-entendus yaoi extrêmement pertinentes avec Kyon. Insupportable. D’ailleurs, il est tellement plus transparent que les autres personnages (si si) que j’étais incapable de me rappeler son nom. Puisque personne ne lui parlait. Comprenez-le ainsi, les personnages de Nagato Yuki-chan no Shoushitsu sont tous d’un vide incroyable, se complaisant dans la banalité de leur cliché. Le seul intérêt se porte autour du duo Kyon-Nagato et les quelques tentatives de développer les autres personnages (Okaasama et Haruhi) se soldent par de cuisants échecs. On ne pouvait pas réellement obtenir mieux avec des protagonistes aussi vides et clichés.

Et au niveau du scénario, ça ne s’arrange pas du tout. Déjà par son manque d’originalité presque exceptionnel tant il est d’un banal. Sans rire, l’anime a utilisé bien plus de clichés en 16 épisodes que Nisekoi en deux saisons. Les neuf premiers épisodes sont d’une stupidité sans nom, ennuyeux à mourrir et bourrés d’incohérences. Certaines ont déjà été vues plus haut (Mikuru qui aimerait Kyon…) et d’autres prêtent à hurler. Exemple très simple, l’anime nous montre comment Kyon a rejoint le club de littérature au sein d’un flashback dans lequel nous verrons Nagato tendre une feuille d’inscription à notre prince charmant. Tout bêtement. Pourquoi est-ce stupide ? Parce que ce n’est pas une explication. Tout ce que le flashback nous a montré c’est que « bah Kyon passait par là et pis y avait Nagato et donc bah il est au club pis voilà ». Non, ceci n’est pas du scénario mais une facilité d’écriture désastreuse. Et Nagato Yuki-chan no Shoushitsu en contient un paquet. Comme encore Mikuru, avec Haruhi qui emmène n’importe où tout le monde et facilité grandement les explications. Hormis cela, la première partie est d’une stupidité irritante. Dans l’empilement des clichés, on retiendra également les habituelles sources chaudes, moment mémorable où l’on aura PAS le droit à du vrai fan-service Made in Mikuru. Qu’on se l’entende, je ne cherche pas à qualifier du fan-service à boobs de positif (même si dans un anime aussi mauvais ça peut aider) mais la série, faute d’être un ecchi, ne peut nous montrer les formes de la demoiselle. Oui, Nagato Yuki-chan no Shoushitsu arrive à rater du fan-service. On en est là.
Après ces neuf et laborieux premiers épisodes, l’anime passe semble-t-il aux choses sérieuses avec une sorte de plot twist extrêmement mal mené. Pour comprendre, une mise en contexte s’impose. Nagato et Okaasama reviennent du lycée après leur séjour aux sources chaudes, dont le final fut extrêmement positif pour notre héroïne vu qu’elle semble s’être rapprochée de Kyon. Cependant, en revenant sous la pluie (sentez le drame venir), Okaasama laisse Nagato seule qui va, avec il semblerait une mine emplie de tristesse, traverser la route. Et là, c’est le drame. Une voiture contourne Nagato qui est donc à genou sous la pluie. Ses lunettes ont volé ainsi que son parapluie. Et c’est très très dur de parler de ce passage sans hurler tant il est mal réalisé. Parce que la drame est là, Nagato a subi un accident. Ce dernier étant évidemment d’une gravité quasi nulle vu qu’elle a été évitée par la voiture. Et pourtant, elle en gardera de graves séquelles avec une amnésie doublée d’un dédoublement de la personnalité extrêmement mal écrit. En effet, « Miss Nagato » n’est plus et laisse place à une Nagato toute froide et inexpressive qui n’a plus besoin de ses lunettes.
Et dans l’incompréhension, on est amené à rêver. Peut-être l’anime va-t-il mettre un peu de surnaturel en montrant que la Nagato extraterrestre est actuellement à la place de Miss Nagato, expliquant au passage pourquoi elle n’a plus besoin de ses lunettes. C’est fou, mais l’anime était tellement au fond que cette idée paraissait géniale. Et évidemment non, il s’agit d’une amnésie pure et simple. Le problème majeur étant que l’anime ne la traite pas comme une véritable amnésie (Nagato parle comme si elle était une autre personne, notamment avec un passage où Okaasama lui demande qui elle est). Les autres personnages parleront justement à Nagato pareil qu’à leur habitude, accentuant ainsi l’incompréhension du spectateur. Ce qui aide encore moins, c’est la narration des épisodes 10 et 11 puisque le second reprendra pendant sa quasi première moitié les scènes du premier (au plan près bien sûr). Ce qui était particulièrement énervant, le spectateur cherchant à savoir ce qui se passe et n’obtient aucune réponse.
Au final, la série tentera même de dramatiser « la disparition de Nagato » (CLIN D’OEIL, CLIN D’OEIL), la même qui semble être justement Miss Nagato, simplement victime d’une sévère amnésie. En attendant, le spectateur se torture toujours à comprendre si on est en face d’une personnalité multiple, d’une alien ou d’une débile. Et c’est après avoir déclaré à Kyon que Miss Nagato l’aime, Nagato disparaitra par magie.
Les derniers épisodes qui restent ne serviront qu’à rappeler le peu d’originalité de la série avec l’organisation du tanabata et, enfin, du festival. Qui se soldera par la déclaration de Nagato à Kyon. Qu’il n’entendra pas à cause des feux d’artifice. Histoire de bien nous arnaquer.

Bien, maintenant que nous avons vu en quoi Nagato Yuki-chan no Shoushitsu est purement mauvais, parlons avec précision.
Une chose que je n’ai pas réellement précisé jusqu’à présent c’est que l’anime est un spin-off basé sur les light novel d’Haruhi Suzumiya, série génialement adaptée par Kyoto Animation. Ce détail, plus qu’à but informatif, signe l’ultime échec de Nagato Yuki-chan no Shoushitsu. Honnêtement, me serais-je autant arracher les cheveux si la série n’avait pas de tels liens ? Sûrement pas, j’aurais conclu que cette série est extrêmement mauvaise, très clichée et banale ponctuée d’un scénario incohérent et inintéressant. Sauf que ce n’est pas du tout le cas.
La série s’appelle « La Disparition de Nagato Yuki-chan », le -chan accentuant bien l’aspect moe et comédie de la série. Ce clin d’oeil est notamment le premier d’une longue série. Que ce soit la reprise de décors (le café) ou de détails (la batte de baseball), c’est insupportable à voir. On a juste l’impression d’avoir une personne secouant sans cesse notre épaule en cirant « HÉ REGARDE C’EST LE MÊME TRUC QUE DANS L’OEUVRE ORIGINALE TAVU ?? C’EST LOL HEIN ?? HEIN ???? ». L’un des pires clins d’oeil étant quand Haruhi écrit sur le sol pour attirer les aliens. C’est à ce moment qu’elle rencontre pour la première fois Kyon et ils feront presque tout comme dans la série originale (à savoir, Kyon va l’aider et dira s’appeler Monsieur Smith). Problème, dans La Mélancolie de Haruhi Suzumiya cet évènement possède une logique scénaristique. Kyon (lycéen) doit retourner dans le passé afin de dire à Haruhi de rejoindre son lycée dans le futur afin de la rencontrer/retrouver là-bas. Le surnom de Monsieur Smith étant donc le pseudonyme lui évitant tout paradoxe temporel. Ce passage témoigne par ailleurs avec excellence de l’utilité importante de Mikuru.
Et Nagato dans tout ça ? Il n’y a aucun rapport entre les deux versions. Pour nous y retrouver clairement, la Nagato de La Mélancolie de Haruhi Suzumiya sera apposée d’un radical (√) pour « vrai » tandis que la Nagato de Nagato Yuki-chan no Shoushitsu sera précédée d’un ß (comme Bête). Qui est donc √Nagato ? Une lycéenne inexpressive, voire froide, parlant comme un robot, lisant tout le temps et étant en réalité une extraterrestre. Au fil de la série, elle aura des sentiments envers Kyon qui auront leur importance dans le film, La Disparition d’Haruhi Suzumiya. Quant à ßNagato, elle est une lycéenne purement humaine, passant son temps libre à manger ou à jouer sur sa PS Vita, timide au début de la série (puis juste stupide en fait), fait pleins d’expressions mignonnes. Et c’est ça le centre du problème. Ce ne sont pas du tout les mêmes personnages. ßNagato n’est même pas une parodie de √Nagato. Pourquoi ßNagato passe son temps à coeur à la Ps Vita (élément extrêmement énervant ayant en plus un bon gros plan dans l’opening avec des PS Vita qui volent) et en plus à des jeux de dragues ? La √Nagato ne ferait jamais cela. C’est d’autant plus stupide qu’au cours de son amnésie-schizophrénique, ßNagato paraissait bizarre à passer son temps à lire. On pourrait longuement continuer la comparaison mais il est clair que nous sommes en présence de deux personnages complètement différents.
Pour les autres protagonistes, c’est un peu différent. Kyon, par exemple, était un type banal mais sa banalité le caractérisait car il évoluait au milieu d’alien, d’esper et de voyageurs temporels. Mikuru arrivait à sortir de son stéréotype boobs/moe grâce à son double du futur. Haruhi pouvait faire ce qu’elle voulait car c’est nécessaire pour protéger le monde. Le personnage de Koizumi avait comme grande utilité d’assister Kyon dans sa « lutte » contre les caprices d’Haruhi, lui donnant également des informations sur certains éléments surnaturels. Le choix de retirer le surnaturel dans Nagato Yuki-chan no Shoushitsu n’est pas foncièrement mauvais, il est juste extrêmement mal exploité ici. L’intérêt qu’avaient certains personnages avec le surnaturel disparait dans la série et il n’y a aucun élément pour venir contrebalancer ces pertes. Pire encore, cette absence va rendre incompréhensible l’amnésie de ßNagato. L’anime donne l’impression au spectateur d’être face à √Nagato, suggérant donc la présence du surnaturel, mais n’éclaircira jamais clairement ce point. Ce qui sera sans doute l’une des plus grosses erreurs du scénario.
Maintenant, il faut se poser une question capitale : que peut se permettre le spin-off d’une série ? Quelles sont les limites ? Et pour y répondre, prenons un exemple simple : Tengen Toppa Gurren Lagann: Gurren Gakuen-hen. Ce manga est un spin-off de la très excellente série Tengen Toppa Gurren Lagann avec pour particularité que les protagonistes sont lycéens. Ainsi, on retracera l’histoire de l’anime originale avec aucun mort (l’ambiance y est beaucoup moins périlleuse) mais également avec quelques reprises intéressantes, notamment sur la relation ambiguë entre Lord Genome et sa fille Nia qui est plus simplement écrite ici. Le manga déborde également de fan-service (Nia en lycéenne, nue, etc…) et d’autres éléments plaisant (comme un Kamina en feu) en font un très sympathique petit spin-off qui revisite agréablement la série originale. Et apporte ainsi une plus-value à son parent. Il y a un réel et surtout honnête intérêt dans l’existence de ce manga.
Et pour Nagato Yuki-chan no Shoushitsu ? Il n’y a rien. La série n’arrive pas à apporter quoique ce soit à l’oeuvre de base. Et pourtant, avec une histoire se basant sur une romance Kyon-Nagato il y a largement de quoi faire. En témoigne le film « La Disparition d’Haruhi Suzumiya » qui, sans trop en dévoiler, a parfaitement su écrire une romance entre Nagato et Kyon avec intelligence. Et surtout avec une Nagato qui, comme dans Nagato Yuki-chan no Shoushitsu, est purement humaine, devenant donc plus expressive et sentimentale. Sans pour autant tomber dans le ridicule.
Quel est donc l’intérêt de Nagato Yuki-chan no Shoushitsu ? En quoi son existence apporte quoique ce soit à l’oeuvre originale ? Pourquoi avoir réalisé une série aussi mauvaise sans réelle plus-value ? Pourquoi ne pas avoir créé une nouvelle licence au lieu de salir une si belle oeuvre et un personnage aussi génial que Nagato Yuki ? La réponse est aussi triste qu’évidente : l’argent. Je me trompe peut-être. Malgré tout, Nagato est sans aucun doute le second personnage le plus populaire de la licence des Haruhi Suzumiya. Et nombreux sont ses fans à vouloir une réelle romance entre leur bien-aimée et Kyon. Cet anime (et surtout le manga original dont est adapté l’anime) semble vouloir répondre à ce seul et unique besoin. Avec en garniture une multitude de fan-service sur les différents personnages de la série (Mikuru avec sa poitrine, Kyon x Koizumi pour les fangirl…). La seule plus-value à laquelle semble prétendre Nagato Yuki-chan no Shoushitsu serait donc le fan-service. Je ne pense pas que pour répondre à un désir aussi ardent des fans cela justifie de créer une série aussi mauvaise et peu fidèle à l’oeuvre d’origine. Qu’on se comprenne bien, par infidélité je parle bien changements tellement gros qu’ils rompent tout lien avec ses origines. C’est un manque de respect total. User ainsi des fantasmes des fans pour réaliser une série aussi désastreuse dans le seul but de leurs plaire est triste. Très triste.

Pour conclure cette critique déjà bien trop longue, que dire ? Il n’y a plus grand chose à rajouter. Nagato Yuki-chan no Shoushitsu est avant tout une très mauvaise comédie romantique, étant banale et stéréotypée au possible. Ses personnages sont inintéressants et stupides, le scénario ennuyeux ou illogique. L’animation moyenne.
Mais en plus cette série s’attaque à une licence extrêmement populaire et très appréciée (également par moi-même). Cela ne fait que saler l’addition. Nagato Yuki-chan no Shoushitsu est une triste idée de fan-service à gogo qu’il faudra rapidement oublier et délaisser dans un coin sombre de la japanimation. C’était une expérience horrifiante et insultante. Et tout ça pour que Kyon n’entende pas la confession de Nagato à la fin.
Putain.

Bonus :
– La VRAIE série de BONNE qualité La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya sur ADN
– Le film La Disparition d’Haruhi Suzumiya qui a réussi une excellente romance Nagato-Kyon toujours sur ADN
– Pour jeter un oeil à Tengen Toppa Gurren Lagann: Gurren Gakuen-hen c’est ici sur Manga Reader (en anglais)
Mon autre avis sur la série de manière violente et pas objective du tout (c’est stupide mais ça défoule)


  1. Le studio avait adapté le light novel original en un anime de deux saisons 
  2. Je mets en lien la page Amazon de la console parce que je crois que l’anime et Sony veulent VRAIMENT que vous ACHETIEZ cette console. Donc bon, aidons les. 
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Une réflexion sur “Critique – Nagato Yuki-chan no Shoushitsu : La Disparition du Respect

  1. Bonjour, j’ai vu Nagato Yuki-chan sans avoir vu la mélancolie de Harui Suzumiya, au début je trouvais que ça allais c’était sympa jusqu’à là où elle à commencé à évoluer c’est devenue un peu saoulant et puis enfin un animé qui mettait en avant la PS vita même si y’avais déjà Kami nomi zo shizu sekai. Sinon l’animé m’a donné envie d’allez regarder La mélancolie d’Harui Suzumiya

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