Epic Critic Battle #1 – Nisekoi VS Monogatari

Bienvenue dans cette nouvelle catégorie d’article, les Epic Critic Battle ! Mais avant tout, qu’est-ce donc que cette nouveauté ? Des explications s’imposent…
Les Epic Critic Battle découlent d’une volonté, celle d’étayer le bon gout chez les gens. Et par “les gens”, j’entends parler autant des connaisseurs que les plus petits amateurs de la japanimation. Et pour se faire, la méthode que je vais employer sera simple. Prendre deux oeuvres de la japanimation (je vais dans un premier temps me limiter aux animes) et les confronter, comme ici avec Monogatari Series et Nisekoi. Cependant, il faudra que les deux animes aient un minimum de similitude pour être opposés (on n’aura jamais de Nisekoi VS Code Geass). Le but sera donc de déterminer laquelle des deux est la meilleure et surtout d’expliquer POURQUOI. La différence avec les critiques habituelles est qu’ici j’emploierai un regard strictement objectif et esthétique. Pas de place pour la bonne volonté et les bons sentiments, tout ce qui compte c’est la qualité !
Attention cependant, je ne suis pas un gourou suprême et les Epic Critic Battle n’ont pas non plus pour vocation d’être un jugement irrévocable et absolu. Il est ici davantage question de voir pourquoi une série est si bonne, meilleure à une autre et surtout : à nous faire réfléchir. Et n’hésitez surtout pas à me faire part de vos retours, c’est avec eux que je pourrais améliorer les Epic Critic Battle !


Afin de débuter calmement, on va parler de deux oeuvres réalisées par le génial studio qu’est Shaft : Nisekoi et Monogatari Series !

Style graphique
Shaft est réputé pour réalisé des animes visuellement très travaillés ainsi qu’avec d’une qualité visuelle remarquable. Et Nisekoi ne déroge donc pas à cette réputation. L’animation est visuellement très jolie et les quelques effets ajoutés par Shaft (comme les bouts de carton pour exprimer la surprise) sont amusants. Les décors sont également très beaux, notamment ceux de nuit. Les expressions sont elles aussi très bonnes même si cela reste un cran en-dessous de ce que peut proposer le manga. Surtout, il est important de noter que si le studio fut présent pour la première saison, il semble s’être un peu relâché lors de la seconde qui possède nombre de plans anormalement brouillons. D’autant plus surprenant que Koufuku Grafiti1, série autrement moins importante économiquement parlant, était animée de manière bien plus précise. Et c’est bien dommage quand la saison 1 proposait des scènes réalisées avec brio.
Cependant, on ne peut pas vraiment applaudir l’animation de Nisekoi. Déjà parce qu’elle ne possède pas de style particulier. C’est juste Shaft qui y a apposé son filtre habituel, sans rien apporté de plus. Ça brille, c’est joli, on a des pseudo-mouvements de caméra qui rendent bien et les postures habituelles. Mais après, quel est le style original de Nisekoi ? Au mieux il survit avec les expressions, au pire il est dégradé par Shaft. L’un des points fort du manga était sa légèreté, simple à lire car visuellement peu chargé malgré des cases détaillées. Et là Shaft alourdit énormément l’oeuvre. Certes, passer au format d’anime oblige une adaptation des traits au mouvement mais en ajoutant toutes sortes d’effets, on perd évidemment en légèreté. Nisekoi est joli pour être joli. Cela ne va pas plus loin. Et c’est bien dommage.

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Pour Monogatari Series, les choses sont bien différentes. La série bénéficie déjà d’une animation presque irréprochable (en tout cas bien plus que Nisekoi). Ensuite, esthétiquement, Monogatari Series est une oeuvre exceptionnelle. Comme toujours, Shaft utilise de nombreux (pseudo-)mouvements de caméra qui mettent en avant les personnages, leur regard ou leur position. Ces dernières, certes classique chez Shaft, servent énormément à accentuer les propos d’un personnage ou ses émotions. L’usage d’intertitres est également très intelligent pour communiquer leurs pensées, étoffant le visionnage de précisions voire d’une double lecture. Autre point fort, les décors, extrêmement simplistes, accentuent la présence de ses personnages. Ils forment toujours un ensemble homogène, qui ne déconcentre pas l’oeil et dont les couleurs seront même par moments choisies à de pures fins esthétiques. Enfin, Monogatari Series est l’une de ces rares séries à user habilement du fanservice.
Ce qui différencie Monogatari Series de son adversaire est simplement que son animation sert réellement son propos. La série possède son propre style. Les décors sont harmonieux et simplistes pour nous concentrer un maximum sur les personnages. Car ce sont bien eux les plus importants ici. Leurs dialogues sont d’une importance capitale et les intertitres permettent d’en dire plus sans non plus encombrer l’audio. Les mouvements de caméra ainsi que ceux des personnages accentuent encore leur charisme, accordant toujours plus d’importance à eux et leurs paroles. L’animation de Monogatari Series est donc très réussie. Chaque choix esthétique a pour but de servir au mieux ce que la série raconte, son propos. Oui, la série est aussi très belle, mais c’est surtout par ce style singulier qu’elle arrive à nous happer et à être bien plus savoureuse qu’une autre dont le seul mérite est d’être jolie. Le style, et donc la personnalité d’une oeuvre, peut être encore plus importante que sa beauté. On aura justement l’occasion de comprendre cela tout au long de cet article…

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Histoire et personnages
Il est impossible de dire que Nisekoi possède une histoire originale. Le coup du héros se retrouvant mêlé à une (sublime) fille pour une raison x est un classique maintes fois revu. Mais pour autant, tout n’est pas à jeter !
À sa banalité, Nisekoi répond par des personnages hauts en couleur et armé d’un humour majoritairement réussi. Il est toujours agréable de voir comment la série utilise de vieux clichés (comme la scène aux sources chaudes où Raku doit s’enfuir du bain des filles) pour les reprendre à sa manière. Cela rend la série un peu plus folle et surtout surprenante. Et c’est toujours un bon point quand les clichés habituels sont brisés.
Par contre, Raku n’est que le stéréotype habituel du gentil héros au harem de jolies filles mais se sauve avec un peu de charisme. Pour le reste des personnages, c’est tout ou rien. Chitoge est sans aucun doute la mieux écrite du groupe, avec une impressionnante évolution et surtout agréable à suivre. Maiko révèle lui aussi de grands atouts, et l’avenir semble nous réserver le meilleur. Enfin, Ruri et Marika possèdent elles aussi une écriture bien sympathique, leur apportant de la profondeur plus l’oeuvre évolue. Marika apportant également un gain de sympathie non négligeable au sein du groupe.
Malheureusement tout n’est pas parfait. Les personnages introduits récemment peinent à justifier leur présence, comme Haru dont l’utilité sera avant tout d’ennuyer Raku puis d’ajouter une énième romance (inutile vu qu’il est évident que cela se décidera entre Chitoge et Onodera). Déjà qu’à trois filles, l’une semblait de trop… Également la pauvre Onodera2 qui peine à évoluer, faute à la surpuissance de la sonnerie de téléphone. Paula aussi, qui risque de faire cruellement doublon à Tsugumi dont la romance n’est déjà pas très utile… La majorité de ces mauvais personnages arrivent en plus à la seconde saison (tome 6 à tome 12) qui est justement un gros passage à vide niveau scénario. Si le manga réussit à nous contenter avec des chapitres comiques souvent hilarants en ponctuant de petits développements des personnages, le bricolage de Shaft a été lui beaucoup plus brouillon. Des chapitres très plaisants ont été sauté (notamment le très très bon chapitre du 1er Avril avec Chitoge). Tout ça pour laisser donc place à un ensemble de double épisode centré à chaque fois sur une personnage mais sans la force si particulière qui rend la série toujours agréable à suivre sur papier.
Reste à espérer que la saison 3 (qui viendra très certainement) relève le niveau avec l’arrivée d’un nouveau personnage semble-t-il majeur. Qui sera dans le harem. Elle aussi. Ah. AAAAAAAAAAAH. Désespoir
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Et en face, que propose Monogatari Series ? Quelque chose d’incroyable.
Ses personnages sont ce qu’il y a de plus important ici. Ils déterminent à eux seuls 95% des choix esthétiques de l’oeuvre. Et c’est normal, car plus qu’une histoire, Monogatari Series raconte l’histoire de ses personnages. Chacun d’entres eux possèdent un charisme flamboyant, amplifié par l’animation de chaque scène. S’ils plaisent autant, c’est aussi parce qu’ils possèdent tous un caractère bien rôdé et bien à eux. Senjougahara est d’une force de caractère incroyable, Araragi un personnage principal à l’éloquence exceptionnelle ou encore les répliques tranchantes d’Hachikuji. On pourrait continuer avec tous les personnages de la série mais je pense que vous l’avez compris : chacun est parfaitement caractérisé. Le scénario n’est pas secondaire pour autant, simplement qu’il fait entièrement parti de ses personnages. Il n’y a rien d’autre que les personnages et leur histoire.
Ou si, il y’a bien autre chose. Et une chose bien importante tant elle est réussie : les dialogues. Chaque réplique possède un tranchant incroyable, leur écriture est l’une des meilleures de toute la japanimation. Cette force, on la doit notamment à l’auteur original, Ishin Nisio, qui est justement l’un des principaux atouts de son écriture. On retrouve par exemple cette force, dans une moindre mesure, avec Katanagatari, où les répliques sont là aussi somptueuses. Cette force est précieuse car Monogatari Series est constitué par une majorité écrasante de dialogues. Comme vu plus haut, les intertitres permettent de développer les pensées des personnages et ce sans encombrer les dialogues déjà très denses. Leur magie passe également par l’humour. Cette série n’en manque pas, comme tous ces instants de bégaiements intentionnels d’Hachikuji qui étaient autant de rigolade qu’ils développaient en même temps le caractère du personnage. De l’humour voir du fanservice mis à profit pour développer ses personnages3, une force rare que possède pourtant Monogatari Series.
On pourrait encore longtemps éluder la question de l’histoire, comme voir que l’effet de chaque aberration (l’effet qu’elles ont, pas nécessairement la créature en elle-même) est rudement bien pensé. Ou même parler de l’évolution sensible de ses personnages. Mais assez d’éloges ont déjà été faites et il faut encore en garder quelques unes pour la dernière partie. Retenez simplement que le caractère de Monogatari Series passe autant dans son style d’animation que par son écriture.
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Bande son
Nisekoi n’est pas à blâmer pour sa bande son. Disons simplement que si elle n’est pas inexistante, elle fait simplement le job. On va donc plutôt parler – brièvement – des opening et ending de la série.
Les ending de la saison 1 sont sympathiques, celui d’Onodera (chanté par Kana Hanazawa) rappelle beaucoup un autre ending interprété par sa seiyu : Sweet Parade. Ce sera tout pour les ending. (bref j’ai dit)
Pour les opening par contre, le propos se nuance déjà un peu plus. Le premier opening de la saison 1 est en grande partie un raté. La chanson de Claris est correcte car si elle ne se renouvelle pas par rapport à d’anciennes de leurs production, elle a le mérite d’être agréable à écouter. Cependant, Shaft semblait ne pas du tout être inspiré pour l’animation. Si tout commence sympathiquement avec un Raku en retard, tout part vite dans le n’importe quoi avec lui qui tombe, ses amis qui apparaissent par magie à ses cotés de lui et avec des couleurs spécifiques. Et des couleurs, c’est tout ce que semble retenir cet opening puisque nous aurons également des ombres colorées de Tsugumi et de Marika. Le tout ponctué d’une scène où l’on voit tout les personnages de la série marchant bizarrement et avec une fluidité douteuse. On retiendra donc le message de cet opening comme étant “lol y a des persos et puis elles ont des couleurs tavu ?”.
HEUREUSEMENT, le niveau se relève avec le second, bien plus sympathique dans sa réalisation et, au travers d’une pseudo-mini-histoire, présente comme il faut les multiples personnages. La réalisation y est d’ailleurs des plus sympathiques tout en étant chatoyantes. Enfin, le thème de Claris, Step, est lui aussi très agréable. De même pour l’opening de la seconde saison où l’on enchaine les (toujours plus) nombreux personnages aisément avec une présentation toujours simple et habile. Le seul point noir étant au final l’importance d’Haru qui semble être le seul élément majeur de cette seconde saison.
Mouarf.

Encore une fois, Monogatari Series mérite maintes éloges. Soyons bref sur les opening/ending : ils sont tous géniaux. Leur animation est toujours agréable à voir (notamment ce sublime Hakkin Disco) et leur musique prête souvent à plaire. Mention spéciale à l’ending de Bakemonogatari qui reste aujourd’hui encore l’un de mes préférés autant musicalement que visuellement.
Et encore une fois, Shaft a beaucoup travaillé la soundtrack de sa série fétiche. Chaque thème réalise à merveille son travail en s’harmonisant à perfection avec l’ambiance désirée. Le tout apportant la petite touche finale à cette oeuvre dont la qualité esthétique n’était déjà plus à prouver. Et pourtant la soundtrack est sûrement l’aspect le moins incroyable de Monogatari Series


Vainqueur : Monogatari Series
C’est un vainqueur sans surprise que l’on trouve ici. Evidemment, Nisekoi ne faisait pas le poids face à peut-être la meilleure production de Shaft. Mais ce perdant n’a pourtant pas à rougir, possédant nombres de qualités que l’on n’a pas forcement pu voir dans ce premier Epic Critic Battle. Et comptez sur moi pour vous prouver que Nisekoi n’est pas non plus une série-déchet.
Il est temps de voir clairement pourquoi Monogatari Series l’a emporté ici. On a vu plus haut que notre gagnant était supérieur à son adversaire dans quasiment tous les domaines. Ce dernier souffre de nombreuses lacunes, notamment dans son écriture avec une histoire simpliste et aux facilités de scénario trop nombreuses. Surtout qu’en face, Monogatari Series en propose une avec un réel propos derrière. L’anime sait comment utiliser à bon escient humour et fanservice. Et Nisekoi est évidemment plombé par la tristesse de son scénario durant sa seconde saison, totalement dépourvue d’évolution majeure d’histoire.
Il est encore plus cruel de voir la différence de niveau concernant l’animation de l’un face à l’autre. Et ce alors que les deux séries proviennent du même studio. Monogatari Series possède sa propre personnalité, son propre langage, le tout animé avec un soin pas toujours irréprochable mais tout de même de grande qualité. Tandis que Nisekoi ne peut prétendre autant. C’est joli, parfois moche, parfois très beau, mais sans autant de recherche que chez son adversaire. Une oeuvre, c’est certes de la beauté, mais c’est surtout de la personnalité. Et c’est avec de la personnalité que Shaft a réussi à se démarquer jusqu’à présent. Mais maintenant, le “filtre Shaft” est connu de tous et il ne suffit plus de l’appliquer pour obtenir une oeuvre originale et de haut niveau.
Nisekoi et Monogatari Series sont donc de oeuvres appréciables, mais c’est seulement la seconde qui sait fusionner au mieux divertissement et qualité esthétique. Tout en développant son propre univers.

À voir :
Nisekoi sur ADN
Monogatari Series chez Wakanim et Dybex


  1. Et je vous recommande chaudement cette série très agréable à voir ! 
  2. Fanbase d’Onodera, ne prends pas mal ces critiques envers ta déesse ! 
  3. Prends ça Kyoukai no Kanata
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2 réflexions sur “Epic Critic Battle #1 – Nisekoi VS Monogatari

  1. Je ne sais si cette battle méritait la mention d’épic vu à quel point tu as montré l’écart de force entre les Monogatari et Nisekoi :3. C’aurait été davantage épic pour des animes qui souffrent constamment de la comparaison comme les protagonistes de Code Geass et Death Note. Les deux sont bien trop différentes et les points communs trop éloignés. Peut-être qu’il aurait été mieux aussi de comparer 2 animes forts en style.

    Mais ça reste une super battle. En lisant ta critique je me suis rappelé que le style et la forme d’un studio aussi bon soit-il pouvaient ne pas suffire si la qualité de l’histoire et de ses protagonistes n’étaient pas là. En tout cas c’était bien écrit et puis tu as traité chaque point sans en négliger aucun. Je lirai volontiers la prochaine Epic Critic Battle :3.

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    • Merci ! Oui il y avait beaucoup d’écart entre les deux oeuvres mais c’est davantage pour commencer simplement. Par contre, je ne pense pas qu’il soit impossible de comparer deux animes comme Death Note et Code Geass qui tournent tous deux autour d’un protagoniste super-intelligent. Les ECB seront davantage centrés sur la qualité intrinsèque de chaque oeuvre donc en théorie on pourrait même voir un battle GTO – One Piece. Cela dit, je prendrai tout de même garde à ce que la comparaison ait un sens. Je pense qu’on verra un peu plus clair les limites de ces articles à l’avenir. Et je prends note de ta proposition entre deux animes forts en style !

      J'aime

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