Point Otaku #16 – Ces œuvres absentes

Il est naturel de retrouver les meilleures licences de mangas et de japanimation licenciées en France. Cependant, cette “sélection naturelle” a ses limites. En effet, il existe encore moult licences que l’on ne retrouve pas chez nous.
Si l’absence de certaines sont justifiées, d’autres sont regrettables. Notamment quand il s’agit d’un bête problème de public (souvent de niche pour certaines oeuvres). Pour d’autres, des raisons plus obscures se cachent derrière leur absence.
Et c’est de ce genre de séries dont nous allons parler aujourd’hui. Des oeuvres qui n’ont pas la chance d’être licenciées en France pour des raisons diverses et variées. Et comme je suis joueur et que le fantasme est toujours plaisant, je vais également m’amuser à donner un pourcentage des chances de voir chacune de ces séries un jour par chez nous. Le rêve est permis !

Wallpaper – Bungaku Shoujo
On commence en douceur avec Bungaku Shoujo. Ce manga, publié dans le même magazine que celui d’Akame Ga Kill, de Dusk Maiden of Amnesia ou même de Prunus Girl, est une petite perle assez peu connue.
Le premier point qui peut intriguer est son dessin, très similaire aux habituels shojo mais il n’est pas explicité comme tel. Cette sorte de travestissement de genre a l’avantage de rendre le manga bien plus ouvert que ce que peuvent être d’êtres séries du magazine. Et pour être franc, il est rare de trouver un manga stylisé shoujo qui arrive à réellement me plaire, surtout avec son design ! Le dessin possède des traits fin, semblables à des crayonnés rendant l’ensemble très léger et simple, mais tout en étant assez élégant dans le design général. Malgré tout, les traits deviennent bien plus tranchants quand c’est nécessaire pour l’histoire, notamment avec les scènes les plus sombres.
Pour en venir à l’histoire justement, c’est là aussi du haut niveau. Avant tout, il est nécessaire de savoir que Bungaku Shoujo est adapté d’un light novel et que le manga dont il est sujet ici n’est qu’une partie du light novel et non son intégralité. Par ailleurs, les quatre adaptations en manga semblent adapter différentes parties du light novel. Quant au film Bungaku Shoujo, je n’ai pas réussi à savoir où il se situait par rapport au light novel ou au manga même s’il semble développer quelques points du manga (et sa fin qui m’a fait hurler). Mais revenons à présent sur l’histoire du manga. Ici, elle traite de propos des plus pertinents sur le caractère humain comme l’effacement de soi et de notre relation avec nous-même et les autres, sur notre identité et les émotions que l’on peut ressentir ou non. Ce sont des thèmes forts et pourtant le manga ne manque pas d’occasions pour nous faire sourire, en jouant soit sur les expressions des personnages soit avec des petits gags tout aussi efficaces.
Enfin, le dernier point fort de Bungaku Shoujo se situe dans ses personnages. Leur développement n’est peut-être pas excellent et encore moins des mieux narrés (la narration du manga peut paraitre assez maladroite) mais leur caractère n’en est pas moins plaisant. L’apothéose est atteinte avec le personnage de Touko Amano, affectueusement nommée Touko-senpai. Cette fille est un puit de bonté et de gentillesse, elle sourit sur 95% des cases où elle est présente et elle a un charisme éclatant d’affection. De surcroit elle est hilarante avec ses expressions, ses petites manies et son fanatisme absolu des livres. Et c’est grâce à elle que le manga arrive à être si léger malgré le poids de ses propos.
Chances de voir la série en France : 0,01%.
J’aimerais beaucoup voir Bungaku Shoujo en France mais pour être honnête je n’y crois pas du tout. Le manga dépend énormément du light novel original et de son univers. Par contre, si un jour la série de romans vient à être publiée en France et qu’elle rencontre un certain succès alors peut-être que oui, des espoirs pourraient alors voir le jour. En attendant, Bungaku Shoujo est l’un des meilleurs mangas non édité que j’ai pu lire jusqu’à présent.
(plus d’images dans ma dropbox, c’est cadeau)

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Soundtrack – Choir Jail / Requiem (Dusk Maiden of Amnesia)
Oui j’ai déjà parlé de Dusk Maiden of Amnesia dans le Point Otaku #14. Mais c’était uniquement de son animation, réellement splendide, et de rien d’autre (en passant, cadeau bonus avec ma dropbox pleine de wallpaper de la série). Et c’est pour cela qu’à présent nous allons parler musique !
Et il y a de quoi dire sur la soundtrack de Dusk Maiden of Amnesia. J’ai choisi deux thèmes, Choir Jail et Requiem, qui sont simplement ceux que je préfère. Le premier, l’opening de la série, est très agréable à écouter en plus d’être accompagné d’une très belle animation. En bonus, l’anime se permettra quelques gags avec, ce qui est toujours plaisant.
Le second est “le” thème dramatique de la série. On l’entend dans la plupart des scènes les plus émouvantes, notamment sur la fin de l’anime. Ce thème est essentiellement composé d’un piano, ce qui marche très bien dans sa mission d’émouvoir dans les moments-clés. De plus, le thème se voit aidé de la douce voix Nao Hiiragi qui mène le chant avec sa somptueuse voix.
Ces deux chansons ne sont pas particulièrement excellentes et peuvent faire un peu tâche dans les habitudes de cette section. Mais c’est davantage pour leur qualité d’insertion au sein de la série que je les apprécie. L’opening joue sur des sons aigus, collant avec l’ambiance pseudo-horrifique de l’oeuvre avant de laisser place à une sonorité à la fois plus moderne et vintage. Requiem joue davantage sur la voix de sa chanteuse en la poussant telle une chanteuse d’opéra. Ces thèmes s’intègrent parfaitement à l’ambiance de Dusk Maiden of Amnesia et participent grandement à la beauté de cet anime. Et c’est tout de même le premier boulot d’une soundtrack !
Chances de voir la série en France : 30%.
C’est un score assez faible mais qui se veut réaliste. Dusk Maiden of Amnesia date maintenant de 2012 et il est rare de voir des anime arrivant en France après tant de temps. Et même si le manga est actuellement en publication chez Kana, il est peu probable que cela justifie une arrivée de l’anime chez nous…


Personnage – Masamune (Masamune-kun no Revenge)
Après avoir débuté avec un shonen se croyant shojo, revenons sur le champ de l’ambiguité avec un manga parodiant les shojo. Masamune-kun no Revenge est donc un manga racontant l’incroyable histoire de Masamune, un jeune lycéen ayant soif de vengeance. Cette dernière, il souhaite la mener contre la fille de bonne famille qui se moquait de son physique rondelet en luit attribuant le surnom “Piggy”. Grand traumatisme il semblerait. Et pour se faire, il va tenter de séduire cette même jeune fille qui l’avait autrefois rejeté. Devenu un joli et svelte jeune homme, Masamune entame donc sa stratégie de séduction en se basant notamment sur des shojo (afin de connaitre ce qui fait chavirer les jeunes filles). Et c’est hilarant de les voir se faire à la fois moquer et crédibiliser (surtout les coups “Your eyes are like the rising sun” qui marchent toujours).
Le scénario a su développer quelques relations, en plus de celle du héros et de cible, qui sont bien narrées et quelque peu surprenantes.
Venons-en au personnage de Masamune. Il a l’allure du beau-gosse idéal que tout cliché pourrait s’accorder pour une parodie (ou à Sword Art Online) mais parce que son personnage se veut être cette caricature, ça en devient excellent. Également, qu’il ait dû longuement batailler afin d’obtenir son physique permet de crédibiliser le personnage. Il n’est pas juste un mec trop beau, il l’est devenu au prix de longs efforts. Et c’est ce petit détail qui permet au lecteur de s’attacher à Masamune, car on sait qu’il n’est pas naturellement un beau-gosse, qu’il a du partir de loin pour l’être. Et puis, au fil de la lecture, le personnage se révèle très charismatique (et pas seulement au besoin de sa vengeance) mais également amusant. Ses expressions, ses gestes ou ses réactions suscitent de nombreuses fois le rire. Le dessin n’est pas non plus en reste en étant très élégant et précis (par exemple dans les tenues des personnages). Et avec en bonus quelques surprises scénaristiques, Masamune-kun no Revenge est un manga bien sympathique, très joli et surtout agréable à lire. Dommage que les chapitres manquent de régularité1
Chances de voir la série en France : 45%.
Ce nombre peut surprendre mais après tout, pourquoi pas ? Masamune-kun no Revenge est encore un jeune manga (première publication fin 2012 ) et une adaptation en anime pourrait voir le jour (après tout un manga comme Denpa Kyoushi vient de l’être). Et il ne serait pas le premier à être édité en France bien après sa première publication, le génial Akame Ga Kill a du attendre 4 ans et une adaptation en anime pour voir le jour en France. Il suffirait donc d’être patient !

Manga – Classmate, Kamimura Yuuka wa Kou Itta
Avec à peine plus de 2500 lecteurs sur MyAnimeList, dire que Classmate, Kamimura Yuuka wa Kou Itta est peu connu deviendrait presque un euphémisme. Et pourtant, ce manga est une petite pépite. Il est déjà surprenant qu’il sait mener une histoire aux thématiques bien plus sérieuses que son atmosphère peut le laisser entendre. Du questionnement sur l’identité, sur ce qui nous définit en tant qu’être humain et même sur le sens de notre propre monde, Classmate, Kamimura Yuuka wa Kou Itta ne lésine pas sur les questions fortes même s’il ne semble pas les pousser le plus loin possible2. On peut trouver cela plus pompeux qu’une véritable réflexion mais reste que les questions posées par Classmate, Kamimura Yuuka wa Kou Itta sont pertinentes et apportent un réel intérêt à l’histoire.
Et toutes ces questions ne sont pas menées au travers d’une ambiance aussi pompeuse que les ses propos. Classmate, Kamimura Yuuka wa Kou Itta sait se montrer léger et simple à lire, avec une bonne dose d’humour à tout instant. Ses personnages sont pour la plupart très sympathiques avec en apothéose la sublime et charismatique Kamimura Yuuka. Cette très belle et innocente jeune fille (elle se décrit comme telle) est très énergique et possède un caractère des plus intéressants. Enfin, le dessin est très agréable sans être exceptionnel. Les décors sont détaillés comme il faut et l’effet de noir un peu gras sur les cheveux de Yuuka est très joli. Tout cela fait de Classmate, Kamimura Yuuka wa Kou Itta un manga des plus sympathiques à lire !
Chances de voir la série en France : 25%.
Le manga est court mais de qualité et ce n’est pas vraiment sa durée qui pourrait l’empêcher de venir chez nous. Mais tout comme pour Dusk Maiden of Amnesia, il est terminé depuis maintenant deux ans et il est quasiment certain qu’aucun anime n’est prévu sur cette oeuvre. Encore une fois, l’exemple d’Akame Ga Kill peut laisser espérer mais ce serait se baser sur un manga encore en cours de publication. Personnellement, je verrais tout de même assez bien Kana éditer ce manga vu la ressemblance entre la Yuko du Dusk Maiden of Amnesia et Kamimura Yuuka. Une simple intuition.

Anime – Steins;Gate
Si les précédentes séries dont j’ai pu vous parler jusqu’à présent pouvaient appartenir davantage au fantasme personnel qu’à de véritables séries dont l’absence française était réellement surprenante (comme la série des To Aru ou même Gintama3). Et bien là nous allons parler d’un poids lourd. D’un anime qui n’est pas licencié en France et dont cette absence me choque particulièrement. Au point qu’encore maintenant, en écrivant ces lignes, je doute toujours de la véracité de mes recherches. Et ce grand absent, c’est Steins;Gate.
Le second meilleur anime de tous les temps, derrière FullMetal Alchemist Brotherhood. Rien que ça. Avec une note moyenne de 9.18, Steins;Gate promet beaucoup. Et ce qu’il promet, il le fait. Très bien. Parfaitement bien même.
L’animation n’est pas exceptionnelle dans Steins;Gate. Mais qu’elle sait être belle graphiquement ! Les couleurs conviennent parfaitement à la période estivale dans laquelle se déroule l’histoire et le côté réaliste (autant dans le dessin que dans la réalisation) est une pure merveille.
Les personnages ne sont pas en reste. Tous possèdent un charisme incroyable, certains tutoyer même la perfection du charisme. Particulièrement, les personnages d’Okabe, de Hashida, de Makise, d’Amane et de Mayuri sont écrits avec une justesse dans les répliques et un caractère aiguisé comme on le voit très rarement. Et comme si ça ne suffisait pas, les doubleurs sont cette fois tous (réellement tous) radicalement juste dans leurs voix. Celles de Hashida ou d’Okabe sont par ailleurs tellement excellentes qu’elles participent activement à la réussite de leur personnage. Je n’ai pas pour habitude de saluer le travail d’un seiyu mais on est obligé souligner la qualité de leurs prestations quand on parle de Steins;Gate.
Evidemment, le scénario n’est pas en reste. Steins;Gate utilise la thématique du voyage temporelle d’une manière, que je ne me risquerai pas de qualifier d’inédite, très intelligente. On y voit les enjeux et les risques mais également l’impact sur les personnages et le monde qui les entoure. Le scénario ne s’arrête pas là, insérant de la romance (très bien incluse dans l’histoire) et d’autres curiosités qui nous tiennent en haleine. Et le tout se fait sublimer par de somptueux thèmes, rares mais tellement efficaces. Son opening et ses ending sont juste magnifiques, notamment les paroles de l’opening qui sont incroyablement bien choisies.
Steins;Gate est une valeur sûre. Il suffit de voir le premier épisode pour être convaincu de voir quelque chose d’incroyable. C’est simple, sa présence dans le TOP 5 de MyAnimeList est loin d’être usurpée. Un véritable chef d’oeuvre.
Chances de voir la série en France : XX%.
Que dire ? L’absence de Steins;Gate est incompréhensible4. Elle est surement la plus aberrante de toutes celles citées dans ce Point Otaku. Le seul espoir qui subsiste reste avec l’arrivée prochaine de Steins;Gate 0. Cette suite à l’anime a de fortes chances d’être licenciée en France et avec elle, pourquoi pas, l’arrivée de la première saison. Ce qui serait une excellente nouvelle pour nous. Car ce chef d’oeuvre qu’est Steins;Gate le mérite amplement.


  1. Je parle évidemment de la team de scantrad US et non de la parution japonaise (dont j’ignore le rythme) 
  2. Vu que la traduction US du manga s’est stoppée au chapitre 20, je n’ai pu lire les 6 derniers chapitres, me laissant dans l’ignorance quant au dénouement final. Tristesse. 
  3. Alors oui Crunchyroll diffuse actuellement Gintama° mais les premières saisons restent encore absentes en France (seulement pour l’instant sûrement). 
  4. Comme me l’a fait remarquer Bastin2, Steins;Gate est bien licencié en France (apparemment par Dybex). Mais rien n’a été encore annoncé de manière officielle et encore moins sorti. Donc pour l’instant, Steins;Gate est certes peut-être licencié mais comme rien n’est sorti à ce jour, la série reste absente en France. Voilà. 
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