Critique – Mars of Destruction : Hametsu no Perfection

Dans la vie de critique, il y a des choses qu’il faut absolument voir. Même les pires, comme Tengen Toppa Gurren Lagan et cette Nia totalement inutile) ou encore ce déplorable Cowboy Bebop avec son scénario encore plus vide que l’univers dans lequel il prend place. Pire encore, Fullmetal Alchemist dans lequel l’absence de boobs se fait artistiquement ressentir.
Et à côté il y a des chefs d’oeuvre bien plus incontournables que ces contournantes narnardesques. Evidemment, quand je vous dis chef d’oeuvre vous devez penser tous immédiatement à l’exceptionnel Nanana’s Buried Treasure et au scénario profond en sens sur la vie humaine ou même le surprenant Oreimo 2, relevant magistralement un anime dont la première saison fut un désastre retentissant à cause de ses trop nombreuses romances.

Assez-t-il tout étant, au dessus de tous ces chefs-d’œuvre se tient un encore plus magistrale. Un chef d’oeuvre que très peu connaissent, cet anime n’étant connu que des plus grands connaisseurs en matière d’animation japonaise orientale. Vous l’aurez compris, si vous ne connaissez pas ce chef d’oeuvre incroyable c’est que vous n’êtes rien d’autre qu’un triste weeaboo.
Ce messie, donc, est Hametsu no Mars. Ou Mars of Destruction dans sa version anglo-saxonne.
Et c’est de cet anime d’exception dont nous allons faire la critique, montrant au passage ce qui permet à un anime de devenir un chef d’oeuvre.

  • L’animation est innovante et arrive à maintenir son niveau tout au long de ses 18 longues minutes, ce qui est une rare performance.
  • Le scénario est profondément réfléchi et astucieusement pensé sur l’origine de l’homme, du monde, de la vie, des aliens, des bananes et de votre carte de transport.
  • Ceci est un point critique sur une portion de l’anime dont nous traitons aujourd’hui. Notamment, ce point résume en quelques mots et en quelques lignes seulement mon avis et la qualité sur un aspect particulier de l’anime.
  • La soundtrack est réalisée par les plus grands, comme Frédéric Chopin ou même Ludwig van Beethoven (et oui !!)
  • La Sainte Pelle vaincra.
  • Les personnages possèdent chacun un background lourdement élaboré et d’une originalité incroyable. Aucun personnage n’est un archétype et cela rafraichit une fraicheur chaudement perdue dans le monde de la japanimation occidentale.

Synopsis : Suite à l’explosion d’une navette spatiale d’exploration provenant de Mars, d’étranges phénomènes ont lieu sur Terre.
Des êtres d’origine inconnue nommés les Anciens menacent les terriens. Shizuka, Tomoe, Aoi et Yamabuki font partie des forces spéciales, A.A.S.T., qui luttent contre les Anciens.
Elles sont aidées par Takeru qui, en tant que descendant de la mystérieuse famille Hinata, est le seul à pouvoir revêtir la combinaison MARS lui permettant de combattre à armes égales avec l’envahisseur.

Remerciements les plus profonds et sincères à toutes ces personnes qui m’auront accordée de leur temps et aidé dans la rédaction de cette critique. Mes remerciements les plus distingués donc à : Yuuka Kaminmura, Hitagi Senjoughara, Mako Mankanshoku, Nia Teppelin, Hotaru Ichijou, Karen Kujou, Homura Akemi, Shinobu Oshino, Fuko Ibuki, Ayase Aragaki et Kamina.

Mais comment Mars of Destruction a fait pour être aussi excellent ? Tout d’abord en s’armant d’une réalisation sans faille.
Mars of Destruction possède une esthétique extrêmement poussée. L’animation joue énormément sur les contrastes, n’hésitant jamais à nous mettre dans un environnement extrêmement sombre et ainsi jouer sur notre ignorance psychologique et créer chez nous un sentiment d’oppression extrêmement fort. Il y a également une véritable recherche dans le design de cette histoire de science-fiction, avec un aboutissement à en faire pâlir Shinichiro Watanabe.
Mais tout en jouant sur un noir contrasté, l’animation sait se colorer pour nous en mettre plein les yeux. En effet, des couleurs extrêmement variées et dont les tons pastels rappellent le très culte Oreshura. Notamment dans le character design, Mars of Destruction est très astucieux en attribuant une couleur symbolique à chaque personnage. Outre l’aspect esthétique, cela aide également grandement à aisément reconnaitre chaque personne, comme la fille aux cheveux vert ou la fille à couettes aux rubans rouge. D’ailleurs, l’utilisation d’accessoires pour catégoriser un personnage est du jamais-vu et sera honteusement pompé par Nisekoi six ans plus tard. L’utilisation des couleurs ici est par ailleurs tellement poussée que le travail serait digne de Madhouse.
C’est également dans les détails les plus infimes que la qualité d’animation de Mars of Destruction. La fluidité des mouvements de chaque personnage est une leçon de dynamisme tandis que les combats sont réalisés avec des chorégraphies originales et surprenantes techniquement, ce qui ne manquera pas à rappeler les combats de Kill la Kill…mais huit ans avant lui !

Capture d’écran 2015-03-26 à 00.14.48

Comme dans tout chef d’oeuvre, le scénario de Mars of Destruction joue un rôle central dans la réussite de son oeuvre. Comme je l’ai déjà dit plus bas, le Mars de la Destruction s’inspire grandement d’Evangelion, oeuvre connue pour avoir gâchée un énorme potentielle et en devenant ainsi le plus gros flop de l’histoire de la Japanimation. Mais sa “suite spirituelle” réussit l’impossible en rendant honneur à tout ce potentiel gâché. Notamment en reprenant l’idée du héros masculin utilisé par son père tel un vulgaire objet afin d’arriver à ses fins était très bien vu. Ce qui était encore mieux vu, c’était de faire apparaitre la figure du père comme une masse sombre et invisible, comme omniprésente sur le héros. Ce choix esthétique, lourd de contraintes techniques pour l’époque, a réussi avec merveille pour ce qui est du coté symbolique et spiritualité.
L’autre point d’excellence dans le scénario de cette oeuvre géniale porte sur les origines de l’humanité. Ainsi, le questionnement posé par Mars of Destruction est extrêmement poussé et réfléchi. Et si l’être humain était en réalité l’envahisseur ? Et s’il n’était pas apparu sur Terre mais bel et bien sur Mars ? Et si, comme l’indique les théories redoutables de réalisme des Anciens astronautes, nous étions venus apporter modernité et savoir à la Terre ? Et ce positionnement philosophique ne s’arrête pas là. En effet, cet anime place ainsi au centre de son intrigue un autre questionnement existentiel. Quel parti devons-nous prendre en tant que spectateur entre les humains défendant le monde où ils vivent et le peuple tentant de récupérer son monde ? Ce procédé scénaristique impressionnant nous met une position délicate où l’on ne sait quel camp choisir. Cette indécision permanente questionne beaucoup sur notre propre nature. Et tout cela ne sont que les sous-notions qu’abrite Mars of Destruction. Je pourrais encore passer du temps à évangéliser l’incroyable élaboration du scénario de cet anime, riche en rebondissements et doté d’un incroyable suspense. Mais c’est du temps que nous n’avons pas…

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Ce temps, nous allons plutôt le consacrer à deux ultimes points soulignant définitivement la grande classe dont fait preuve cette oeuvre.
Pour commencer doucement, nous allons parler des doubleurs. Celui du personnage principal, Takeru Hinata, se nomme et nous éclabousse de son talent à la moindre de ses apparitions. Ses congénères féminines ne déméritent pas avec notamment deux doubleuses de qualité.
En effet, nous retrouvons derrière Kurita Aoi la géniale Minori Chihara qui aura donc fait son premier tour de force dans Mars of Destruction, permettant au même moment à sa carrière de décoller. Peu après, cette talentueuse demoiselle ira effectivement occuper des rôles importants comme Minami Iwasaki (dans l’ennuyeux Lucky Star), Teresa Beria (dans l’excellent Seikon no Qwaser) ou encore Mitsuki Nase (dans le bouleversant Kyoukai no Kanata). Mais le rôle le plus important qu’elle fut amenée à jouer fut dans le désormais culte The Melancholy of Haruki Suzumiya en donnant la voix à Yuki Nagato ! Et elle n’est pas seule puisque Isono Shizuka est doublée par la non moins talentueuse Kaori Nazuka. Ces principaux faits d’arme sont les voix de Tsukasa Ayatsuji (dans l’incroyable Amagami SS), Jenny Realight (dans Fairy Tail), Maria Ross (dans le décevant Fullmetalt Alchemist Brotherhood), Yui Kotegawa (dans le sensul To-love Ru), Kazuho Miyauchi (dans l’énergique Non Non Biyori) ou encore la célébre Chiaki (dans Detective Conan). Ce sont donc de sacrés rôles qu’elle a tenu mais il en reste un que je n’ai pas encore mentionné et qui devrait vous intriguer au plus haut point : celui de Nunnally Lamperouge, dans le très moche Code Geass. Ceci achève la démonstration du talent des douleurs employés par Idea Factory pour donner vie à ses personnages.
Et afin de donner vie à son court-métrage, le studio a également du utiliser de la musique pour attribuer une ambiance toute particulière à l’univers excentrique de Mars of Destruction. Et encore une fois, le choix s’est porté sur les meilleurs. Trois célèbres compositeurs de génies furent appelés pour mener à bien le travail, à savoir Ludwig van Beethoven, Frédéric Chopin et Erik Satie. Si les deux premiers se sont faits très discrets, le troisième a bien plus communiqué sur la participation à cette oeuvre. Il a notamment qualifié le projet “d’innovant sur tous les points” que c’était “une aventure des plus enrichissantes, qu’un nouveau palier artistique avait été atteint” (vous pouvez lire l’interview complète sur ce site). Il est en effet rare qu’un compositeur Européen soit appelé pour travailler sur un anime japonais. Et c’est justement cette rareté qui rend la bande son de Mars of Destruction unique. D’ailleurs, Erik Satie déclara que c’était “un véritable défi” pour lui de reprendre les compositions de ses prédécesseurs et des les adapter à un anime. Cependant, le résultat en valait vraiment la peine. Originale et rythmée, la soundtrack de Mars of Destruction est une véritable pépite.

Capture d’écran 2015-03-26 à 00.13.03

En conclusion, il est inutile de s’attarder plus longtemps pour le dire : Mars of Destruction est un véritable chef d’oeuvre de la japanimation. Une animation sublime au service d’un récit profond autant en surface (avec le développement de ses personnages) qu’un sous-propos (avec les nombreuses questions philosophiques) et aidé d’une bande son magistrale, tout ces ingrédients nécessaires à la création d’un pur chef d’oeuvre. Et cet anime est de ceux-là, réussissant allier de nombreuses qualités à un véritable savoir-faire en matière de narration.
Il ne reste à dire qu’une chose : bravo !

Pour aller plus loin :
– D’autres critiques sur Anime-kun et sur ForEverGeek
– Sa page Sens Critique (n’écoutez pas les avis de ces gens-là, ils ne savent juste pas reconnaitre le génie quand il est là)
– Sa page Anilist
– Et un petit bonus de ma conception !

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