Point Otaku #15 – L’amour de l’Art

Pourquoi j’aime les manga et l’animation japonaise ? Il y a pleins de raisons. Cela a surement commencé par l’attirance que peuvent facilement avoir les jeunes adolescents envers les valeurs des nekketsu, tels que Fairy Tail ou One Piece. Mais depuis, cela a évolué. J’ai évolué. Désormais, je ne vois plus le manga comme un simple divertissement mais quelque chose de tout autre, de plus grand et ambitieux.
Le manga est un art. Certains trouveront cela évident, d’autres aberrants. Mais pour moi, c’est un fait. Et comme chaque art, il possède son histoire, son évolution, ses genres et sous-genres, ses chefs d’oeuvres, ses génies et même ses éternels et virulents débats.
Et c’est désormais ce que j’aime dans le manga, c’est son art. Voir différentes oeuvres, les appréhender et les savourer. J’aime les manga car j’aime l’art du manga. Mais donc, pourquoi j’aime l’art du manga ? Ça, c’est une question totalement différente…

Animation – Kill la Kill
Quel anime que ce fut Kill la Kill ! Un an après, on peut enfin voir ce que cet anime a laissé derrière lui et c’est plutôt joli à voir. Certes, il ne fut pas parfait en autant de points que son ainé Tengen Toppa Gurren Lagann mais toujours est-il qu’il reste une série d’une qualité rare à retrouver chaque saison.
Kill la Kill possède de nombreuses qualités tel que sa soundtrack (cf. Point Otaku #8) ou même ses personnages. Mais un autre point de qualité qu’il est nécessaire de souligner chez cet anime reste son animation.
Très stylisée, elle semble résulter d’une excellente fusion des animations de Tengen Toppa Gurren Lagann et Panty & Stocking with Gatherbelt. Son style est ainsi précis et très vif mais part par moments dans un style plus cartoon (très visible lors des chutes de personnages tout au long de la première partie). Ce style pourrait paraitre assez cheap au premier abord, surtout que la première partie de l’anime ne nous éblouit pas réellement les yeux. Mais ce n’est que partie remise puisque les grands moments de l’histoire et l’ensemble même de la seconde partie bénéficiera d’une grande animation. Et si la série ne peut prétendre avoir l’animation la mieux dotée de son “époque”, elle peut tout de même être fière d’exploiter au mieux les moyens qu’elle possède. Au final, Kill la Kill est un anime irréprochable du point de vue de la technique tant il a su être performant à ce niveau-là. Et en plus, cela donne naissance à pleins de fan-arts !
Dropbox Kill la Kill

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Soundtrack – Me!Me!Me!
Me!Me!Me! n’est pas un anime. Mais il reste extrêmement intéressant à traiter. Ce petit court-métrage d’une dizaine de minutes a été réalisé par Hibiki Yoshizaki un illustre inconnu qui a tout de même participé à Evangelion 3.0 et l’animation dirigée par Shuichi Iseki, un autre illustre inconnu qui a travaillé sur nombre d’oeuvres de qualité comme Kill la Kill ou Space Dandy 2. Et à la musique nous retrouvons TeddyLoid, incroyable artiste que je vous avais déjà fait remarquer dans la critique de Panty & Stocking with Gatherbelt.
Et il y a beaucoup de choses à dire sur ce court-métrage. Et comme on est dans la partie soundtrack du Point Otaku, on va parler en premier de la musique. Me!Me!Me! se divise en trois parties bien distinctes et cela se ressent musicalement. Chaque partie de l’historie possède son propre thème, la première avec un thème au semblant paradisiaque puis dérangeant. La seconde, bien plus douce, propose un thème dramatique. Tandis que la dernière, plus dynamique, se repose sur un thème composé d’électro et autre dubstep. Et le tout est très bien fait. Parce que la musique occupe ici une place centrale dans Me!Me!Me! puisqu’il compose, hormis les effets sonores, le seul élément audio du court-métrage. Et Me!Me!Me! joue beaucoup sur ce terrain-là, à savoir qu’il nous raconte une histoire sans le moindre dialogue (et même sans les paroles, l’ayant vu sans les sous-titres). Il y a un énorme jeu visuel tout le long de la vidéo qui permet de nous raconter l’histoire pendant que la musique aide à poser l’ambiance et le rythme de la scène. Et le tout raconté d’ailleurs une histoire peut-être simple mais tellement sujette à interprétation et à réflexion.
Me!Me!Me! est donc pour moi un des exemples les plus parlant de ce que peut être “l’art de l’animation japonaise”. Outre le fait que ce court-métrage fut réalisé pour la Animator Expo, on a là réellement tout ce qui fait la spécificité de l’animation (japonaise). Une histoire racontée par une animation très visuelle et réfléchie, accompagnée d’une soundtrack très bien pensée également, remplissant plus que jamais ce rôle. Ainsi, Me!Me!Me! explore et illustre brillamment ce qu’est l’art de l’animation. Et il sera très intéressant d’explorer davantage le sujet à l’avenir.

Personnage – Shu Maiko (Nisekoi)
Shu Maiko est, selon la très rigoureuse classification des personnages de fiction, un sidekick rigolo. Ou du meilleur ami du héros dans un tranche de vie (voire shonen en général) et qui est bien évidemment un pervers incorrigible. Tout d’abord, c’est assez curieux ce trouble commun à 90% des MAMC (Meilleur Ami du Main Character, pour faire simple) d’être obnubilés par les jeunes filles. Mais passons, Shu est bien plus intéressant que cela.
En effet, ce personnage pourtant à la base des plus clichés et insupportable a su se développer au fil des chapitres et obtenir à terme son propre background. Et c’est assez rare dans le genre pour être souligné. De mémoire, je ne peux vous citer Yōhei Sunohara de Clannad comme MAMC ayant son propre background. Certes, Shu n’est pas encore au niveau de background qu’a pu connaitre Sunohara. Mais Shu n’en reste pas moins un personnage très intéressant et sympathique. Déjà parce que ses gags de pervers sont parfaitement maitrisés et ne partent jamais dans la démesure. Son character design des plus sympathiques et joyeux aide beaucoup à cela, il détend l’atmosphère et a une tête de rigolo. Mais encore une fois, il ne vient jamais prendre trop de place avec ses gags, évitant ainsi de s’attirer nos foudres.
Et en ayant compris très rapidement que le couple de Raku et Chitoge était bidon, il nous prouve savoir faire preuve de jugeote. Et un rigolo qui est intelligent, ça devient tout de suite plus crédible.
Le mieux ? Shu joue un rôle dans l’intrigue. Il porte son propre regard sur l’histoire, un regard très intéressant, qui amène à réflexion face à celui de Ruri. Ainsi, Shu est un personnage rigolo, intelligent, construit et en plus intéressant par rapport à l’intrigue. Et ça, c’est top !

Manga – Angel Beats! Heaven’s Door
Angel Beats! Heaven’s Door est un excellent complément de l’anime. Oui, de l’anime, car je suis prêt à parier que 95% des lecteurs de ces lignes connaissant Angel Beats ont vu l’anime et non lu le light novel.
Alors une petite explication s’impose ici. Angel Beats est à la base un light novel écrit par Jun Maeda. Son light novel connaitra une “adaptation” en anime, celle que l’on connait tous, toujours scénarisée par Jun Maeda. En parallèle apparaîtront plusieurs adaptations en manga avec Angel Beats! The 4-koma: Bokura no Sensen Kōshinkyoku (publié en même temps que le light novel) dont je ne sais n’avais pas encore entendu parler et Angel Beats! Heaven’s Door qui débutera lui en même temps que l’adaptation anime et qui se continue encore aujourd’hui. Et c’est celle qui nous intéresse aujourd’hui.
Angel Beats! Heaven’s Door adapte apparemment le light novel original mais n’ayant pas lu celui-ci j’ignore dans quelle mesure il l’adapte. Cependant, par rapport à l’anime là je sais. Et tant mieux sinon mon blabla serait inutile.
Donc. Angel Beats! Heaven’s Door se déroule avant l’anime, soit avant l’apparition de Yuzuru Otonashi. Avant même la création du Front de l’au-delà. Le manga débute donc au tout début, au pur commencement, et nous raconte ainsi comment le Front s’est construit, comment chaque personnage a rencontré Yurippe et les autres. Surtout, cela rajoute (encore plus) de consistances aux personnages d’Angel Beats qui n’ont pas pu, faute à leur grand nombre, être développés correctement (notamment le groupe de musique). Toute personne ayant vu l’anime et l’ayant apprécié devrait vraiment lire ce manga tant il apporte par rapport à l’histoire.
Tu n’as pas vu Angel Beats ? Ce n’est pas grave, tu peux faire comme moi j’avais fait et commencé quand même le manga ! Celui-ci se déroulant avant l’anime, tu n’a aucun risque de spoil et tu découvres un peu mieux l’univers de l’oeuvre (puisque ce dernier prend le temps de s’introduire à nous correctement). Et puis le dessin est sympa, c’est drôle et intelligent. Donc aucune raison pour ne pas le lire !

Anime – Cowboy Bebop
Pour clôturer ce Point Otaku, je vais vous parler d’un véritable chef d’oeuvre de l’animation japonaise : Cowboy Bebop. Dirigé par ce génial homme qu’est Shinichirō Watanabe, l’anime a su tirer au maximum profit de la moindre caractéristique propre au média de l’animation.
Commençant par l’élément le moins caractéristique à un anime justement. Si son scénario possède un subtil et simple fil rouge, il se démarque essentiellement grâce à ses superbes personnages. Chacun ayant son histoire, son passé et son propre caractère. Et même ceux qui ne seront là que le temps d’un épisode possèdent chacun leur propre background. Rare sont les anime pouvant se vanter d’une maitrise si élaborée de ses personnages. De plus, Cowboy Bebop possède une narration incroyable tant elle sait s’effacer au bénéfice de l’histoire. Tantôt rapide, tantôt lente, elle sait constamment comment se positionner pour nous raconter au mieux chaque histoire.
Venons-en à la soundtrack. Constante fusion entre blues et jazz, elle aussi est d’une intelligence rare mais, surtout, d’une qualité encore plus rare. La soundtrack de Cowboy Bebop est plus qu’essentielle à l’anime, elle lui est vitale. Sans elle, il n’y aurait plus cette ambiance toute particulière, cet étrange mélange entre western et science-fiction. Cette soundtrack, elle est belle et impressionnante. Et même grandiose.
Enfin, l’animation. Et quelle animation. L’anime fut diffusé entre Avril 1998 et Avril 1999 mais son animation n’a pas pris une seule ride. Le peu de coté old school qu’elle possède accentue davantage l’incroyable mélange de style dont Cowboy Bebop est la synthèse. Propre, réaliste, détaillée et élégante, elle sublime nos yeux à chaque instant. Il y a eu là un incroyable travail de fusion esthétique entre plusieurs styles radicalement différents (entre autres, le western et la science-fiction). Le tout rend évidemment très bien, aidé par un univers également très développé et rudement bien réfléchi.
Si Me!Me!Me! était un excellent exemple de l’art qu’est l’animation japonaise, Cowboy Bebop est lui le parfait exemple. C’est un anime bien conçu sous tous ses aspects, avec une recherche profonde de style et d’esthétisme, s’appuyant sur le moindre caractéristique de son média. Une animation irréprochable, une soundtrack d’excellente qualité, un univers minutieusement pensé et des personnages charismatiques, Cowboy Bebop est clairement l’un des meilleurs anime de tous les temps.

Licences :
Kill la Kill sur Wakanim
Me!Me!Me! sur Animator Expo
Nisekoi chez Kaze et sur ADN
Cowboy Bebop chez Dybex

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