Critique: Gravity – Un tout nouvel univers

Des films se déroulant dans l’espace, on en a déjà vu un sacré paquet. Que ce soit Star Wars et sa technologie exceptionnelle ou encore Wall-E, ce magnifique film d’animation Pixar. Autant dire que des histoire se passant dans l’espace on en connait ! Mais Gravity se veut différent, avec une approche changeant de nos habitudes avec une vision fiction/documentaire très bien réalisée.

Gravity, c’est donc un film bienvenue dans une période où les bons films se faisaient rares pour moi (merci la mauvaise distribution de This Is The End en France). Et c’est parti pour passer en revue ce qui fait de Gravity un très bon film.

Une 3D vraiment exceptionnelle

Beaucoup vantaient la 3D de ce film. Je suis donc allé le voir en 3D. Et pour moi qui suis quelqu’un boycottant habituellement la 3D pour sa mauvaise qualité, je n’ai pas regretté de l’avoir prise pour Gravity. Le film est peut-être habillé de quelques rares séquences faisant de la pub pour la 3D (comme les gouttes d’eau qui foncent vers nous du style “Regardez nous on est 3D ouahhh trop cool ouais ouais”) il faut reconnaitre que le reste est sublime.

Réaliser un film dans l’espace, c’est évidemment montrer une des plus belles choses que nos yeux peuvent voir. Et autant dire que dans Gravity, le film ne se privera pas d’occasions afin de nous émerveiller avec la beauté naturelle de l’univers. Et ce même entre deux scènes d’actions. Et c’est cette astucieuse alchimie qui rend Gravity encore plus prenant, pris entre la tension de son action et la beauté de son décor.

Il est important de saluer également la mise en scène de ce film, tant elle est différente de tout ce qu’on peut avoir l’habitude de voir. Alors que des films cultes ayant des scènes dans l’espace continuent de suivre le plan horizontale et plat auquel nous sommes accoutumés, Gravity a décidé de nous prendre totalement à contre-pied. Le film ne se gêne pas et ses acteurs auront la plupart du temps la tête en bas. C’est déstabilisant, pas trop pour éviter de nous perdre totalement mais suffisant pour nous donner une réelle sensation de flottement dans le vide intersidéral. 

Une histoire banale non sans intérêt

L’histoire de Gravity n’est clairement pas le point fort du film. Mais dire qu’elle est mauvaise serait mentir. On peut, certes, lui reprocher d’être terriblement banale, traitant donc d’une mère partie au ciel dans le but de fuir la mort de sa fille et la tristesse qui la suivait. Ensuite, dans les faits, ce sera donc un simple film à emmerdes, tout de même très biens orchestrées, où l’héroïne tentera tout simplement de sauver sa peau.

Mais ce serait sans parler du sous-texte complet du film, qui est sublime, sans être pour autant exploité à son maximum. Gravity va donc prendre plaisir à traiter avec une profondeur assez nouvelle et une vision toute neuve qui changera à jamais les idées que l’on pouvait avoir sur le travail d’un astronaute. Tout son long, le film exercera sur nous une énorme oppression de l’homme seul face au vide infini de l’univers. Et c’est d’ailleurs une facette qui rejoint à merveille celle de la beauté de l’univers, vue précédemment. 

Des astronautes très humains

Concernant les personnages, autant le dire: Gravity s’en sort très très bien. De tout le film, nous aurons que deux personnages, un principal et un secondaire. Ils seront respectivement joués par Sandra Bullock (dans le rôle du docteur Ryan Stone) et par Georges Clooney (interprétant un célèbre astronaute, Matt Kowalsky). Concernant le docteur Ryan Stone, son personnage n’est pas très développé même si il y a tout de même eu un effort sur la profondeur de sa psychologie. Je l’ai déjà dit, c’est surtout une mère qui est allée dans l’espace pour fuir les remords et autres mauvais sentiments qui l’habitaient suite à la mort de sa fille sur Terre. Seule, elle rappellera d’ailleurs plus tard dans le film cette triste solitude qu’elle vit, demandant à ce que l’on prie pour elle. Ensuite, son personnage est surtout représentatif de la pression que peut ressentir un humain dans l’immense univers, perdant tout ses repères et incapables de se déplacer à sa guise, emprisonné dans sa combinaison. Il faut dire que Ryan Stone sera terriblement humain tout le long du film, au point que nous-mêmes, simples spectateurs, partageant exactement les mêmes angoisses et peur qu’elle dans ses misères.

Georges Clooney est magnifique dans ce film. Il joue à merveille l’astronaute, l’homme sachant travailler dans la détente, calmement mais sachant reprendre son sérieux dès que cela est nécessaire. Cet aspect humoristique du personnage est d’autant plus marrant quand il lâche des blagues comme “Arrêtez de me mater, je suis beau mais là il faut que vous vous accrochez” qui sont accentuées du fait que c’est Georges Clooney qui le dit, un des acteurs les plus “beau-gosse”. Ce qui est également splendide dans son personnage, c’est son sérieux pourtant accompagné d’un coté magnifiquement humain. Kowalsky, ce n’est pas simplement un astronaute ici servant à accompagner une pauvre héroïne qui au final ne sait pas grand chose de l’univers. Non, il sera aussi présent autant comme un moniteur amusant, détendant idéalement l’atmosphère et servant de modèle psychologique exemplaire tout le long du film.

Gravity c’était un film vachement cool. J’ai rien à dire de plus là dessus, si vous ne l’avez pas encore vu allez immédiatement le voir au cinéma, il en vaut plus que largement le coup. Et en 3D je vous prie.

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2 réflexions sur “Critique: Gravity – Un tout nouvel univers

  1. Une expérience à vivre en 3D, tu as raison ! Une prouesse de cinéma qui manque pourtant, comme je l’explique http://bit.ly/17BMjMQ cruellement d’épaisseur. Des dérives hollywoodiennes, notamment, dans le tire-larme et le pathos. Bien dommage, car ce film méritait un véritable propos et une vraie symbolique !

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    • Le véritable propos, le film l’a (celui de l’homme seul face à l’immensité de l’espace, qu’on peut remettre dans une relation du gentil face au grand méchant, mais ici bien plus métaphorique et subtile). Son seul problème est que ce propos n’est pas assez exploité, mais au moins Gravity a le mérite de pointer du doigt son potentiel, qui sera, espérons, repris dans les années à venir !

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